Depuis plusieurs semaines, BNP Paribas est dans le collimateur de la Justice aux Etats-Unis. Accusée d'avoir enfreint l'embargo américain en réalisant des opérations en dollars avec des pays comme l'Iran ou le Soudan, la banque française risque une amende record. Dans un premier temps, le chiffre de 10 milliards de dollars était avancé. De quoi tendre les relations entre la France et les Etats-Unis. Le sujet s'est même invité au menu des discussions entre le président français François Hollande et son homologue américain Barack Obama de passage en France cette semaine.

Mais voilà, l'amende pourrait finalement grimper à 16 milliards de dollars, selon des sources citées ce vendredi matin par l'agence Reuters. Si ce chiffre astronomique, un temps évoqué dans les négociations, se confirme, il s'agirait alors de "l'amende la plus élevée jamais infligée à une banque", peut-on lire surLefigaro.fr. Derrière cette augmentation soudaine se cacherait en fait une tactique des autorités américaines face à BNP qui proposait de ne payer qu'un milliard de dollars en guise d'amende.

Risque de "conséquences négatives" sur la négociation du TTIP

Une éventuelle amende record infligée à la Banque française BNP Paribas pourrait avoir des "conséquences négatives" sur les négociations en cours du futur traité de libre échange entre Etats-Unis et Union européenne (TTIP), a déclaré vendredi le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius. Ce point a été évoqué jeudi soir par les présidents français François Hollande et américain Barack Obama, lors d'un dîner à Paris, a indiqué M. Fabius à la radio RTL.

Interrogé sur une possible amende de 10 milliards de dollars et sur le fait que cela pourrait influer négativement sur les négociations en cours du futur traité transatlantique, le ministre a répondu par l'affirmative.

"Ce traité qui peut être positif pour développer les échanges, ne peut exister que sur une base de réciprocité. Evidemment, si dans le cas d'une banque européenne, c'était d'unilatéralisme qu'il s'agissait et non pas de réciprocité, ça risque d'avoir des conséquences négatives, c'est exact", a dit le chef de la diplomatie française.

"Il était utile que le président Hollande aborde cela. Je dois dire aussi que depuis plusieurs semaines, nous fournissons des explications à l'ensemble des autorités américaines", a précisé M. Fabius.

François Hollande, a-t-il rapporté, a expliqué que "c'était une affaire très importante pour l'Europe et pour la France car BNP Paribas, c'est la première banque d'Europe et si elle est mise dans une situation très difficile, ça a une interférence très négative pour l'Europe et pour son économie".

Selon M. Fabius qui était présent au dîner, de même que le secrétaire d'Etat John Kerry, le président Obama "a dit +je comprends tout ça mais dans notre tradition et dans notre système, il ne m'appartient pas d'intervenir sur l'aspect judiciaire des choses+".

Laurent Fabius a estimé toutefois que les Américains entendaient les arguments des Français "qui sont très forts". "S'il y a une faute qui est commise, il faut qu'il y ait une sanction, mais il faut que cette sanction soit proportionnée et les chiffres qui ont été évoqués jusqu'ici, ne le sont pas", a redit le ministre. Il n'a pas voulu confirmer le montant de 10 milliards de dollars, avancé dans la presse. "On le saura d'ici quelques jours", a-t-il affirmé.

Crédit immobilier: l'amende de Bank of America pourrait dépasser 12 milliards de dollars

Autre institution financière dans la tourmente: Bank of America, pointée du doigt suite à ses pratiques passées en matière de crédit immobilier. Des pratiques qui pourraient déboucher sur une amende d'au moins 12 milliards de dollars, a rapporté vendredi la presse américaine. Les précédentes informations de presse sur ces négociations faisaient état d'une amende potentielle deux fois moindre, de l'ordre de 6 milliards de dollars. Mais les autorités américaines réclament encore plus, ajoute le Wall Street Journal, citant des personnes proches du dossier.

Si on y ajoute les 6 milliards que l'établissement de Charlotte (sud-est des Etats-Unis) a déjà accepté de payer au régulateur du secteur, le Federal Housing Finance Agency, le coût de règlement du dossier pour BofA dépasserait largement la pénalité record de 13 milliards de dollars payée par JPMorgan pour échapper à des poursuites pour des faits analogues.

Une partie de la somme mentionnée, environ 5 milliards, pourrait servir à aider les emprunteurs victimes des pratiques douteuses de la banque, par exemple en réduisant le capital encore dû ou le montant des mensualités restantes.

Une amende de 12 milliards de dollars serait supérieure aux 11,4 milliards de bénéfices dégagés l'an dernier par BofA, qui était le meilleur réalisé par l'établissement en six ans. Bank of America, qui était devenu au moment de la crise du "subprime" le premier prêteur hypothécaire des Etats-Unis, a dépensé à ce jour quelque 60 milliards de dollars pour régler des contentieux dans le domaine immobilier, selon le WSJ.