Depuis quelques jours, les déclarations se multiplient


LIEGE Une délégation des travailleurs d'ArcelorMittal sera reçue mardi vers midi au siège du gouvernement wallon à Namur, à l'occasion de la manifestation qui aura lieu dans les rues de la capitale wallonne. Avant de reprendre le travail, les travailleurs du site liégeois ont décidé de défiler à Namur pour interpeller les responsables politiques wallons.

Depuis quelques jours et l'annonce par la direction du groupe sidérurgique de sa volonté de fermer 7 des 12 lignes de la phase à froid, les déclarations se multiplient. Le gouvernement wallon s'est engagé à tenter de trouver un repreneur des outils liégeois alors que la direction d'ArcelorMittal a encore répété lundi qu'elle n'était pas disposée à vendre ces outils.

L'hypothèse d'un portage public ou d'une nationalisation a dès lors été évoquée, tant dans les rangs syndicaux que politiques. Personne n'exclut à ce stade l'opération. "Nous n'excluons rien, et cela ne veut pas dire qu'on ne fera rien. Il faut être capable de dire 'voilà le chemin', mais si c'est pour se retrouver dans un an avec une société en faillite où les gens seront dans le même état, je dis non", a déclaré dimanche le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, à la RTBF.

En coulisses, une telle initiative suscite pour le moins un certain scepticisme, à commencer pour son coût très élevé pour des finances wallonnes déjà malmenées par la crise et la difficulté d'inscrire une telle opération dans le cadre des règles européennes. Pratiquement, elle impliquerait également une forme d'expropriation, compliquée à mettre en oeuvre rapidement et susceptible de recours. Certains craignent aussi qu'elle ne reporte sur les pouvoirs publics le fardeau de la dépollution du site -estimée à 600 millions voire 800 millions d'euros- et ne constitue un mauvais signal à l'égard des candidats investisseurs en Wallonie.

Lundi matin, le vice-président cdH du gouvernement wallon, André Antoine, a mis en avant la nécessité de forcer une négociation avec Mittal. "Nous ne pourrons de toute façon rien faire sans lui", a-t-il déclaré sur Bel-RTL.

Au cabinet de M. Marcourt, l'on se montrait prudent lundi après-midi. L'appel d'offres en vue de trouver une banque d'affaires et un consultant qui aideront à la recherche d'un repreneur a été lancé jeudi et dans les jours à venir, leurs noms devraient être connus, a-t-on rappelé.

"Toutes les pistes doivent être explorées", a-t-on ajouté, en se réjouissant d'entendre que, même au MR, l'on semblait se garder de tout discours idéologique en n'affichant pas son hostilité à un portage public. Interrogé sur la Première, le chef de groupe des Réformateurs au parlement wallon, Willy Borsus, a indiqué qu'il n'avait pas de "tabous" sur la question d'un portage "très temporaire".

Le cabinet du ministre Marcourt ne cachait pas non plus qu'il faudra continuer à parler avec le groupe ArcelorMittal.

"Mittal reste un acteur incontournable. Que ce soit dans la négociation ou la confrontation, il faudra discuter avec lui", précise-t-on.

Une délégation de Ford Genk s'est rendue à Liège pour apporter son soutien aux travailleurs d'ArcelorMittal

Une délégation des entreprises sous-traitantes de l'usine Ford Genk ont quitté le Limbourg à destination de Liège pour y manifester leur soutien aux travailleurs d'ArcelorMittal. "Nous sommes dans le même bateau et nous savons combien ce genre de choses font mal", déclarent des responsables syndicaux limbourgeois. Plusieurs dizaines de travailleurs des quatre sous-traitants de Ford Genk étaient en route, lundi après-midi, pour le site d'ArcelorMittal à Flémalle.

"Lorsque nous avions organisé, fin de l'année dernière, la marche pour l'avenir à Genk, nous avions accueilli une délégation de travailleurs d'ArcelorMittal venus spontanément", explique Hasan Düzgün, délégué syndical au sein de la société SML. "Un témoignage de sympathie que nous n'avons pas oublié.

Maintenant que ces gens se trouvent dans la même situation que nous, il est de notre devoir de manifester notre solidarité. C'est le moins que l'on puisse faire pour eux".

La délégation genkoise a pris avec elle une banderole exprimant sa solidarité et qui sera fixée à une clôture.

© La Dernière Heure 2013