Maxime Prévot évoque des "attaques sans discussion possible"

NAMUR Les travailleurs d'ArcelorMittal, venus manifester à Namur, à proximité de l'Elysette, le siège du gouvernement wallon, sont remontés dans les cars et ont quitté la capitale wallonne peu avant 14h00, a constaté l'agence Belga. La rencontre entre la délégation syndicale et le ministre-président wallon Rudy Demotte ainsi que les ministres Marcourt, Antoine et Nollet, est également terminée.

Maxime Prévot "interpellé par la violence de certains manifestants"

"En aucune manière, il n'y a eu de provocation de la part des forces de l'ordre", ont affirmé en choeur, mardi après-midi, le bourgmestre de Namur et plusieurs responsables de la police alors que la manifestation des travailleurs d'ArcelorMittal, plus tôt dans la journée, a été le théâtre de vives tensions.

"Nous sommes interpellés par la violence avec laquelle certains manifestants s'en sont pris aux forces de l'ordre. Armés de battes de base-ball, de barres de fer et de boulons, ils sont passés directement à l'attaque, sans temporisation et sans discussion possible", a expliqué le chef de corps Pascal Ligot. "Notre riposte, défensive, a été proportionnée et s'est faite en toute légalité. Mais nous avons dû être extrêmement rigoureux et fermes pour tenir bon et assurer la sécurité des institutions", a-t-il ajouté.

En début de manifestation, quelque 130 policiers - locaux et fédéraux, en provenance notamment d'Anvers - étaient mobilisés pour l'événement, un nombre qui passera à 200 en cours d'après-midi. Cinq d'entre eux ont été blessés, dont l'un a dû être hospitalisé. Plusieurs manifestants ont également été légèrement touchés.

"Si nous comprenons la rage des travailleurs d'ArcelorMittal, nous ne cautionnons absolument pas cette violence qui vise les forces de l'ordre et les bâtiments", a pour sa part déclaré le bourgmestre de Namur, Maxime Prévot. "On sait que les métallos sont particulièrement démonstratifs mais là, on est hors de toute proportion raisonnable", a-t-il poursuivi.

Du côté policier, on regrette en outre l'absence d'interlocuteurs au sein du cortège. "En général, les syndicats prévoient eux-mêmes un service d'ordre chargé d'encadrer la base. Cette fois-ci, nous étions seuls face aux travailleurs", ont regretté plusieurs commissaires.

Enfin, malgré les scènes de violence qui ont marqué la manifestation, aucune arrestation administrative n'a été enregistrée.

5 policiers blessés lors d'affrontements avec les manifestants

Mardi en début d'après-midi, entre 1.500 et 2.000 travailleurs d'ArcelorMittal - 1.200, selon la police - se trouvaient toujours à quelques centaines de mètres de l'Elysette, à Namur, où une délégation syndicale est reçue par le ministre-président wallon Rudy Demotte ainsi que par les ministres Marcourt, Antoine et Nollet. Dans la rue principale de Jambes, un calme relatif est revenu malgré quelques escarmouches de la part de manifestants détrempés par la pluie et par les jets des auto-pompes, entrées en action dès l'arrivée du cortège à proximité du périmètre de sécurité.

"Ce que nous voulions, c'était nous rendre devant l'Elysette afin de rappeler aux politiques qu'ils parlent de l'avenir d'hommes, de travailleurs qui doivent nourrir leur famille. Mais nous nous sommes retrouvés face à un barrage et ça a mis le feu aux poudres", explique un manifestant, déjà présent à Bruxelles vendredi dernier.

"Nous attendons des autorités politiques qu'elles aient quelques minutes de courage politique et qu'elles adoptent des lois empêchant des terroristes industriels, des gangsters comme Mittal, de fermer des usines pour faire davantage de bénéfices ailleurs", ajoute de son côté Alain Giroul, délégué FGTB à Ferblatil.

Par ailleurs, nombreux sont ceux, parmi les manifestants, qui ne croient pas en la piste du repreneur industriel, pourtant privilégiée par le gouvernement wallon. "Trouver un repreneur et revivre le même scénario dans 2 ou 3 ans, ça ne sert à rien. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et opter pour une nationalisation permanente. C'est ce qui a été fait dans la Sarre et ça fonctionne", explique ainsi Marco Linadelfo, un prépensionné de Cockerill.
Les manifestants devraient quitter Namur sur le coup de 15 heures.

© La Dernière Heure 2013