Par ailleurs, 350 travailleurs sont partis pour le Lambermont

BRUXELLES Le ministre wallon de l'économie, Jean-Claude Marcourt (PS), se donne deux mois pour trouver un repreneur aux activités délaissées par ArcelorMittal sur son site liégeois. "J'ai des idées en tête", a-t-il déclaré au micro de Bel RTL, sans toutefois citer de nom.

S'il admet que les déboires d'ArcelorMittal sont liés à la conjoncture économique difficile, M. Marcourt impute la fermeture de sept lignes sur douze de la phase à froid, annoncée jeudi, avant tout à la stratégie défaillante du groupe.

Le géant sidérurgique s'est concentré sur un marché automobile désormais peu porteur et n'a pas développé de plan commercial pour permettre l'utilisation des outils liégeois, a-t-il accusé. "Je ne comprends pas cette stratégie".

Pour l'heure, le ministre PS "se refuse à parler de plan social et de licenciements". Il se donne deux mois pour trouver un repreneur capable de développer certaines activités de niche. Il y a, selon lui, "énormément d'industriels qui gagnent de l'argent en Europe, alors que Mittal en perd".
"J'ai des idées en tête", a-t-il ajouté, sans toutefois donner les noms des candidats potentiels. "Je ne les ai pas encore contactés".

M. Marcourt veut croire qu'ArcelorMittal acceptera de céder les sites délaissés. "Sinon ce sera un mensonge supplémentaire", dit-il.

Interrogé sur les réactions politiques très dures à l'encontre de Lakshmi Mittal, qualifié par certains de "crapule", M. Marcourt estime que "la colère justifie les débordements oraux". Mais les dirigeants Mittal "ont perdu toute crédibilité", ajoute-t-il. "Il leur appartient de la reconquérir".

Sept cars de travailleurs en route pour le Lambermont

Au moins 350 travailleurs se sont donné rendez-vous au Centre Acier de Flémalle, vendredi matin, à l'appel des syndicats. Ils sont partis pour le Lambermont, à Bruxelles, où des ministres fédéraux et wallons doivent se réunir. Une délégation syndicale y sera reçue vers 12h30. Cinq cars étaient déjà en route pour la capitale vers 9h30 et quatre de plus ont dû être affrétés.

La démarche des travailleurs fait suite à l'annonce de la direction liégeoise d'ArcelorMittal, jeudi, qui les a informés de son intention d'arrêter définitivement sept sites de production sur les douze que compte la phase à froid dans le bassin. 1.300 travailleurs devraient être impactés par cette fermeture, à ajouter aux 795 personnes déjà touchées par l'arrêt de la phase à chaud, annoncé en octobre 2011.

© La Dernière Heure 2013