ArcelorMittal risque une amende de plusieurs milliards en raison du non-respect d'accords conclus dans le cadre de la fusion qui a conduit à la naissance du géant de l'acier, écrit lundi le quotidien britannique The Telegraph. Un groupe d'actionnaires français d'Arcelor affirment en effet avoir été trompés lorsque Mittal Steel a repris son concurrent européen. Selon The Telegraph, le montant total des dommages subis par ces actionnaires atteindrait les 880 millions d'euros. Or, le droit français prévoit des amendes, dans ce type de cas, pouvant être 10 fois supérieures au préjudice encouru.

Le gouvernement wallon, la direction d'ArcelorMittal et les syndicats entameront dès mardi des négociations au finish sur le volet industriel afin de permettre la tenue d'un conseil d'entreprise extraordinaire le lundi 30 septembre prochain, ont-ils annoncé à l'issue d'une nouvelle réunion tripartite à Namur. "La réunion a permis d'examiner 34 points faisant l'objet d'un accord ou constituant un blocage à lever. Les parties ont convenu de ne reprendre les négociations sur le volet social qu'après la tenue du conseil d'entreprise extraordinaire", ont ajouté les trois parties dans un communiqué.

Pour la FGTB, la dissociation des discussions sur le plan industriel de celles sur le volet social est accueillie positivement. Il était impossible en effet de mélanger les deux, la définition du projet industriel ayant des conséquences évidentes sur le volet social, a fait observer Jean-Luc Rader, secrétaire régional FGTB-Metal.

Eurofer, le secteur européen de la métallurgie, table sur une augmentation de la demande d'acier liquide de 30 millions de tonnes d'ici 2017, ce qu'ArcelorMittal ne reconnaît qu'à hauteur de 20 millions de tonnes, a-t-il ajouté.

Le tonnage d'acier à fournir aux lignes liégeoises constitue l'un des points d'accroche, tout comme la mise sous cocon des outils du chaud, les syndicats visant toujours une sidérurgie intégrée à Liège.

Le périmètre juridique, qui contraindrait ArcelorMittal à appliquer le modèle industriel négocié, est aussi l'objet de désaccords.

La décision d'organiser des négociations au finish et l'annonce d'un conseil d'entreprise fin septembre pourraient permettre de clarifier l'avenir de la sidérurgie liégeoise, alors que syndicats et direction s'étaient encore renvoyé la balle la semaine dernière, quittant ou interrompant tour à tour les discussions.

Trois cents manifestants d'ArcelorMittal avaient fait le déplacement lundi à Namur pour soutenir leurs représentants syndicaux et l'implication du gouvernement wallon dans le dossier.

"Nous voulons faire d'Arcelor un dossier politique"

Quelque 300 travailleurs d'ArcelorMittal ont rejoint Namur lundi matin pour soutenir la négociation tripartite qui a lieu à l'Elysette en présence de la direction, des syndicats et des représentants du gouvernement wallon. "Si nous sommes peu nombreux, c'est parce que la CSC a accepté le plan de Mittal et négocié les 800 emplois qui resteraient sur les 3.000 si le groupe maintient les cinq lignes stratégiques. Mais pour nous, c'est la mise à mort de Liège", a expliqué Frédéric Gillot, délégué permanent FGTB, interrogé par l'agence Belga.

Les manifestants veulent par ailleurs faire d'ArcelorMittal "un dossier politique". "Les politiques ont secouru les banques. Qu'ils fassent la même chose pour la sidérurgie! Les travailleurs sont fatigués par l'inertie des autorités. Nous sommes ici pour leur demander cinq minutes de courage politique et pour soutenir notre représentant à la table des négociations", a poursuivi le représentant du syndicat socialiste.

Les manifestants sont arrivés à bord de plusieurs cars vers 10h00 avenue du Bourgmestre Jean Materne, à Jambes, puis se sont dirigés vers le siège du gouvernement wallon, rue Mazy. Malgré quelques jets d'œufs et de pétards et quelques vestes Arcelor brûlées, l'ambiance est restée relativement calme. "Jeter des boulons, ce n'est pas notre objectif principal. Tout ce que nous voulons, c'est de la couverture médiatique. Et qu'elle soit la même si l'on reste assis sur les trottoirs que si l'on jette des pavés", a encore indiqué Frédéric Gillot.

Quelque 300 travailleurs d'ArcelorMittal ont manifesté à Namur

Les quelque 250 travailleurs d'ArcelorMittal quittent Jambes (Namur) lundi à 13h30 à la suite de la clôture de la négociation tripartite qui a eu lieu à l'Elysette en présence de la direction, des syndicats et des représentants du gouvernement wallon, et où il a été décidé d'entamer dès mardi des négociations au finish sur le volet industriel afin de permettre la tenue d'un conseil d'entreprise extraordinaire le lundi 30 septembre prochain. Malgré quelques jets de pavés, d'œufs et de bouteilles en verre et quelques vestes Arcelor et déchets brûlés, l'ambiance est restée relativement calme. "Jeter des boulons, ce n'est pas notre objectif principal. Tout ce que nous voulons, c'est de la couverture médiatique. Et qu'elle soit la même si l'on reste assis sur les trottoirs que si l'on jette des pavés", a indiqué Frédéric Gillot, délégué FGTB.

Plusieurs manifestants sont passés à quelques reprises au-dessus des chevaux de frise installés au croisement de l'avenue Jean Materne et de la rue Mazy, rue de l'Elysette, à Jambes. Une dizaine d'agents anti-émeutes sont intervenus sans toutefois faire usage de la force. Utilisée comme moyen de dissuasion, l'autopompe n'a pas été employée.

Les travailleurs d'ArcelorMittal étaient arrivés à bord de cars vers 10h00 avenue du Bourgmestre Jean Materne, à Jambes, puis se sont dirigés vers le siège du gouvernement wallon, rue Mazy, où ils ont manifesté durant trois heures