Economie

BNP Paribas Fortis va supprimer 267 de ses 678 agences d'ici la fin de 2021, a annoncé vendredi la banque. Ce qui coûtera pas moins de 2.200 emplois (2093 équivalents temps pleins). Ce la représente 16% des effectifs. "L'accélération de la transformation digitale des habitudes bancaires de nos clients implique d'importants investissements dans la transformation de notre modèle de distribution. Pour ce faire, nous devons prendre en compte l'évolution exponentielle de la banque digitale et à distance, tout en conservant une présence physique forte sur le marché belge", justifie BNP Paribas Fortis.

De 678 agences actuellement, la banque passera à 592 à la fin de l'année et à 411 fin 2021. "On parle de 90 fermetures d'agences par an et des agences gérées par des indépendants pourraient être regroupées", commente Thibaut Montjardin, permanent syndical de la CGSLB Banques. 'Ces chiffres sont énormes. Dans certains endroits en Belgique, il sera difficile de trouver une agence BNP Paribas Fortis", ajoute-t-il.

De ses résultats publiés ce jour également, il ressort que BNP Paribas Fortis a engrangé plus de 1,9 milliard d'euros de bénéfices l'an dernier, soit une hausse de 1,8%, malgré le ralentissement de la croissance, les taux d'intérêts bas et les tensions commerciales internationales, se félicite la banque.

Pas de licenciements secs et des embauches

La banque prévoit quelque 1.600 départs volontaires, plus de 1.000 plans d'accompagnements sociaux mais également l'engagement de 600 personnes en trois ans, a précisé Frédéric Van Engeland, représentant de la CNE, à l'agence Belga. Aucun licenciement sec n'est donc prévu, si toutefois les syndicats acceptent de signer la convention collective de travail entérinant cette restructuration, que la direction leur soumettra, précise Thibaut Montjardin. Le syndicat socialiste signale qu'il "est favorable à un accord social mais ne signera pas un chèque en blanc. La direction doit absolument fournir des éclaircissements. Le Setca veut éviter tout licenciement sec et mettra tout en œuvre pour que ce soit le cas".

Les secteurs d'activité où le plus de suppressions de postes sont annoncées sont la banque de détail ainsi que les fonctions support et administratives.

Cette annonce de restructuration ne constitue pas une surprise pour les syndicats. "Cela confirme les chiffres qui avaient été précédemment annoncés par la nouvelle direction, dont on sentait la volonté d'accélérer la transformation digitale de BNP Paribas Fortis. Nous sommes dans la tendance du secteur bancaire, qui ferme une agence sur deux. Mais nous sommes en colère car les choses se passent à marche forcée et nous allons vers une destination qui ne nous convient pas", déclare Philippe Samek, permanent sectoriel à la CNE.

"Ces mesures auront un impact non seulement sur l’emploi mais également sur les conditions de travail et la mobilité des travailleurs. Cette annonce suscite bien évidemment l’émoi au sein du personnel et de leurs délégués", indique le Setca dans un communiqué.

Une seconde restructuration en 2019 ?

Son homologue de la CGSLB évoque une nouvelle menace pour l'emploi au sein de la banque. "Le budget pour financer les départs naturels du personnel n'a été utilisé qu'à 75%. Donc il y aura une nouvelle annonce de restructuration cette année", avance Thibaut Montjardin.

"La direction a annoncé ce vendredi le nombre d'agences qui vont fermer les trois prochaines années car, d'après elle, il y a de moins en moins de clients dans les enseignes physiques, puisqu'ils utilisent davantage les canaux digitaux", ajoute le représentant syndical. "Certains villages sont désertés, c'est une catastrophe pour pas mal de gens."

Au total, environ 2.600 à 2.800 équivalents temps plein seront supprimés mais la banque compte également engager 200 personnes par an d'ici 2021. "Il ne devrait pas y avoir de licenciement sec", poursuit le représentant de la CNE. "C'est ce pour quoi on avait négocié, ce pour quoi nous avons accepté que les gens de BNP travaillent six jours de plus gratuitement par an."