La compagnie aérienne belge Brussels Airlines, filiale du groupe allemand Lufthansa, a annoncé mardi son intention de supprimer un quart de ses effectifs, soit environ 1000 postes. Cette information en a surpris plus d'un au sein du gouvernement fédéral. En effet, depuis plusieurs jours, des négociations très serrées étaient en cours afin de fignoler un plan de sauvetage de la société aérienne par les pouvoirs publics belges.

Minorité de blocage

Quel projet de deal était sur la table des Allemands ? Selon nos informations, la Lufthansa avait demandé 390 millions d'euros aux autorités publiques belges. La Société Fédérale de Participations et d'Investissement (SFPI), le bras armé financier de l'État fédéral, proposait une intervention financière mais y mettait des conditions. Cette aide aurait débouché sur une prise de participation dans le capital de Brussels Airlines à concurrence de 25% plus une action (ce qui aurait donné une minorité de blocage à la Belgique au sein de la compagnie). 

Les autorités fédérales comptaient également obtenir un droit de regard sur le plan pluriannuel de redéploiement du transporteur aérien. "L'idée est évidemment de mettre de l'argent en échange de garanties en matière de développement de Brussels Airlines à l'avenir", note une source impliquée dans le dossier. 

Mais la Lufthansa a fait savoir lundi soir à la SFPI qu'elle refusait tout simplement l'aide des Belges et les conditions qui l'accompagnaient. "La Lufthansa ne veut pas voir monter l'Etat dans le capital de Brussels Airlines. Mais un principe doit être respecté : qui paie décide", relève notre informateur.

La mauvaise surprise du gouvernement

Si certains avaient compris, ces derniers jours, les réticences de la maison-mère de Brussels Airlines, le gouvernement fédéral ne s'attendait pas, pour autant, à l'annonce d'un tel plan social ce mardi matin. 

Un plan B du fédéral ? 

Et pour la suite ? Il règne actuellement un certain flottement, vu la soudaineté de la restructuration décidée chez Brussels Airlines. Toutefois, le gouvernement fédéral aurait l'une ou l'autre idée en réserve afin d'activer un "plan B"...