Un conseil d'entreprise extraordinaire s'est tenu ce mardi matin chez Brussels Airlines. Résultat, d'importantes coupes, la suppression de 1000 emplois, la réduction de sa flotte de 30% et l'arrêt de la desserte de 22 destinations.

Les syndicats craignaient ce conseil d'entreprise extraordinaire. A raison. La direction de Brussels Airlines a annoncé son plan de restructuration et près de 1000 emplois devraient être supprimés. Un quart du personnel de l'entreprise, qui emploie un peu plus de 4.000 personnes, est donc concerné par cette annonce.

La compagnie, touchée de plein fouet par la crise du coronavirus, prévoit également de réduire sa flotte, passant de 54 appareils à 38.

Cette restructuration, présentée comme inévitable par la direction de l'entreprise, impactera également le nombre de dessertes réalisées par Brussels Airlines. Ainsi, deux des 20 destinations long-courriers seront à terme supprimées et les destinations européennes passeront de 78 à 56.

Brussels Airlines collaborera avec ses partenaires sociaux pour réduire le nombre de licenciements forcés à un minimum absolu, assure-t-elle, convaincue qu'avec son plan de redressement, elle sera en mesure de sauvegarder 75% de son emploi et de se développer de manière rentable dès que la demande dans le transport aérien aura retrouvé une nouvelle normalité. Ce qui n'est pas prévu, selon elle, avant 2023.

Les discussions en cours avec le gouvernement belge et Lufthansa restent cependant essentielles, insiste l'entreprise, qui espère une issue positive des pourparlers en cours quant à une aide d'Etat de 290 millions d'euros. Elle va, dans ce cadre, solliciter l'aide de sa maison-mère allemande pour les coûts de restructuration.

Rencontre entre le gouvernement et les syndicats mardi après-midi

"C'est une annonce difficile pour les travailleurs et les travailleuses de Brussels Airlines ainsi que leur famille, dans un contexte où l'inquiétude est déjà omniprésente. Je recevrai les syndicats cet après-midi (mardi) en compagnie des ministres Alexander De Croo et Nathalie Muylle", a annoncé mardi la Première ministre Sophie Wilmès sur le réseau social Twitter.

Pour le ministre des Finances Aexander De Croo, "la première préoccupation du moment, ce sont les travailleurs de Brussels Airlines. La concertation sociale doit avoir toutes ses chances et le nombre de licenciements doit être contenu au maximum. Nous soutenons à cet égard les travailleurs et nous leur porterons aussi directement ce message cet après-midi lors de la rencontre entre le gouvernement fédéral et les représentants syndicaux. Les autorités fédérales veilleront à ce que toutes les procédures dans le cadre de la loi Renault soient correctement appliquées."

Selon M. de Croo, "il est nécessaire qu'un plan d'avenir crédible soit mis sur la table, prévoyant suffisamment de garanties quant au rôle que jouera Brussels Airlines après la crise. On ne veut pas d'un simple scénario de liquidation, il faut aussi qu'il y ait des investissements. Nous attendons un signal clair de la société-mère allemande (Lufthansa, ndlr)."

"Restructuration nécessaire"

"Cette restructuration est nécessaire de toute urgence pour survivre à la crise actuelle et devenir structurellement rentable à l'avenir", a justifié Dieter Vranckx, le patron de Brussels Airlines, après l'annonce d'un plan qui menace jusqu'à 1.000 emplois au sein de la compagnie, soit 25% du personnel, et ira de pair avec une réduction de la flotte de 30%. L'année avait pourtant bien commencé pour Brussels Airlines, "avec des résultats positifs en termes de nombre de passagers et de revenus", a-t-il relevé. L'entreprise avait en outre prévu une offre d'été substantielle pour compenser une partie de celle perdue à la suite de la faillite du voyagiste Thomas Cook Belgique fin septembre dernier.

"Mais la pandémie de coronavirus frappe particulièrement durement Brussels Airlines", a déploré Dieter Vranckx. "Cette crise sans précédent a aggravé notre situation financière, nous obligeant à prendre des mesures substantielles et essentielles. La restructuration est nécessaire de toute urgence pour survivre à la crise actuelle et devenir structurellement rentable à l'avenir".

Selon le patron de l'entreprise, l'annonce de mardi n'est toutefois pas une manière de mettre la pression sur Lufthansa, la maison-mère allemande de la compagnie belge, ni sur le gouvernement belge, alors que des négociations sont en cours entre les deux parties pour une aide d'Etat de 290 millions d'euros qui permettrait à Brussels Airlines de survivre à la crise. Le plan présenté, ose encore declarer M. Vranckx, est plutôt "une manière de montrer du respect aux travailleurs", qui sont au chômage économique depuis la mi-mars et dans une très grande incertitude.