Triste fin pour la filiale belge de l'enseigne de prêt-à-porter Camaïeu puisqu'aucun repreneur n'a été trouvé pour les 25 magasins, a annoncé mardi le syndicat chrétien CNE. La faillite sera officiellement déclarée mercredi devant le tribunal de l'entreprise de Bruxelles. Les quelque 120 employés percevront une indemnité de départ dans quelques mois, plafonnée à 25.000 euros bruts et versée par le Fonds de fermeture des entreprises.

Pour le permanent syndical CNE Jalil Bourhidane, qui gérait le dossier, c'est un double sentiment de tristesse et de colère qui domine. "Tristesse car l'ancienne direction française du groupe Camaïeu a laissé pourrir le dossier de faillite de ses filiales, ce qui ne laissait aucune chance à la Belgique, et colère car c'est extrêmement simple de se déclarer en faillite en Belgique. De plus, on ne peut ouvrir une enquête judiciaire pour suspicion de faillite frauduleuse qu'une fois que la faillite est déclarée et cela prend du temps à aboutir", dit-il.

La CNE avait en effet révélé qu'en mars, la direction française avait fait vider les comptes bancaires de ses filiales, précipitant, selon le syndicat, leur faillite. Depuis, une partie des magasins de Camaïeu France a été rachetée par la Financière immobilière bordelaise, qui n'était pas intéressée par les magasins belges, suisses et luxembourgeois.

"Très clairement, le fait que l'ancienne direction du groupe n'a pas intégré les filiales dans le projet de reprise de l'enseigne en faillite n'a pas aidé. La procédure de réorganisation judiciaire belge a eu trois mois de retard par rapport à la procédure en France. A cause de cela, nous n'avons pas pu lancer plus tôt une recherche de repreneurs ou tenter de négocier les loyers des magasins à la baisse", commente Jalil Bourhidane.

Le mandataire de justice désigné par le tribunal de l'entreprise de Bruxelles avait pris contact avec 48 enseignes susceptibles d'être intéressées par une reprise des magasins. Quelques grands groupes de prêt-à-porter avaient manifesté un intérêt mais, finalement, aucun dossier n'a abouti.

Les magasins ont d'ores et déjà été fermés lundi en fin de journée, avant une réouverture pour liquidation des stocks, dont la date sera choisie par le curateur de la faillite qui sera désigné mercredi par le tribunal. "Il ne reste que très peu de stocks", signale le permanent CNE. "Les dettes de l'entreprise étaient principalement envers la maison-mère mais elles ont été effacées avec la reprise par la Financière immobilière bordelaise. Il n'y a pas de dette envers l'ONSS et une faible dette de loyers", précise-t-il.

Le syndicat chrétien étudie avec ses avocats la possibilité de se constituer partie civile afin qu'une enquête judiciaire soit ouverte pour faillite frauduleuse. "Nous en avons la volonté, en tout cas", déclare Jalil Bourhidane.