Economie

La société belge spécialisée dans la production et la vente de chaux et dolomie, Lhoist, a annoncé jeudi, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, une réorganisation de ses activités qui "pourrait conduire à la perte de 117 emplois au sein des trois usines concernées (Marche-les-Dames, Hermalle et Jemelle) entre 2020 et 2021". Lhoist justifie ce plan de restructuration par la forte baisse des ventes de ses produits ces 10 dernières années.

"Les grands clients du groupe Lhoist en Belgique ont fortement réduit leurs activités, principalement dans la sidérurgie et dans l'industrie de production de briques réfractaires. L'arrêt progressif des centrales électriques fonctionnant au charbon réduit également la demande pour nos produits. Au cours des dix dernières années, les ventes de chaux et de dolomie de Lhoist en Belgique ont chuté de 35%", indique-t-elle.

Face à cette chute des volumes de vente, "la structure de production actuelle n'est plus adaptée, ce qui ne permet plus de maintenir une compétitivité suffisante sur le marché", ajoute l'entreprise, qui dit aussi devoir tenir compte d'une "concurrence internationale" de plus en plus pressante.

Enfin, une incertitude pèse quant à l'approvisionnement en calcaire à moyen terme. "La production de chaux de Lhoist en Belgique dépend de sa carrière de calcaire située à Rochefort. Les réserves autorisées s'épuisent et Lhoist souhaite approfondir son exploitation pour permettre la prolongation jusqu'en 2045 au moins. Mais une décision récente du tribunal civil de Marche-en-Famenne portant sur une servitude de 1833 interdit à Lhoist de modifier la manière dont l'eau souterraine est captée et livrée à l'abbaye de Rochefort", peut-on lire dans le communiqué. Le groupe a introduit un recours devant la Cour d'Appel de Liège. Une décision définitive ne devrait, cependant, pas intervenir avant plusieurs années ce qui "contraint Lhoist à ralentir sa production et à demander à étendre sa zone d'extraction pour exploiter les réserves de calcaire qui restent en bordure de sa carrière actuelle".

En parallèle à ce plan de restructuration, Lhoist propose un programme d'investissements de 90 millions d'euros sur cinq ans afin de spécialiser trois de ses usines sur un cœur de métier: extraction de dolomie à Marche-les-Dames, cuisson de dolomie à Hermalle et production de chaux à On/Jemelle.

La mise en place des mesures présentées pourrait conduire à la perte de 117 emplois entre 2020 et 2021, sur les sites d'Hermalle (64 pertes d'emploi), de Marche-Les-Dames (39 pertes d'emploi), et de Jemelle (14 pertes d'emploi).

La direction entreprend dès à présent, avec les partenaires sociaux, la procédure d'information et de consultation en matière de licenciement collectif et "mettra tout en œuvre pour limiter autant que possible les conséquences sociales de ce plan", précise-t-elle.

Lhoist est l'un des leaders mondiaux de la production de chaux et de minéraux qui jouent notamment un rôle dans sidérurgie, l'épuration des eaux, le traitement des gaz et la construction. Basé en Belgique, le groupe est présent dans 25 pays et emploie 6.400 personnes à travers le monde, dont 740 en Belgique.