On s’attendait à ce que le secteur des commerces soit lui aussi contraint d’appliquer des mesures plus strictes, mais il a été totalement épargné par le dernier Comité de concertation.

Du côté des commerçants, c’est un soulagement car le niveau d’activité reste largement inférieur à la période pré-coronavirus, mais du côté du personnel de certaines enseignes et des syndicats, on ne cache pas certaines inquiétudes. “Cela aurait été une bonne idée que le gouvernement reprenne certaines mesures mises en application durant le déconfinement, comme limiter le shopping à une seule personne ou limiter le temps de présence en boutique pour mieux contrôler l’affluence de la clientèle et ainsi faciliter le respect des distances sociales”, indique Myriam Delmée, présidente du Setca.

On sait que les semaines et les mois à venir seront très compliqués et si les restaurants sont autorisés à rouvrir durant les fêtes de fin d’année, “ils ne feront certainement pas salle comble. Les ventes en magasin vont donc logiquement augmenter et la fréquentation également. Il faudra alors réagir et remettre en place des mesures qui se sont étiolées depuis la fin du confinement.”

Du côté de l’UCM, on serrait les dents, tout en espérant un maintien des commerces ouverts, faisant même la concession de mesures plus strictes. UCM et SNI étaient aussi sur la même longueur d’ondes. “Reconfiner serait une catastrophe, mais s’il le faut, mieux vaut maintenant qu’avant les fêtes de fin d’année, une période très importante pour le commerce.” S’ils devaient fermer en décembre, de nombreux commerces ne s’en relèveraient pas tant ils misent sur cette période pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être cette année. À demi-mot, un confinement jusqu’à la fin des vacances de Toussaint aurait pu être acceptable, ce qui ne sera pas le cas s’il se produit plus tard, et surtout, avant les fêtes de fin d’année. "Nous espérons désormais que tout le monde va prendre ses responsabilités et respecter les mesures, à commencer par la distanciation sociale, le port du masque et tous ces gestes barrières parfois délaissés. C'est capital si on veut éviter la catastrophe de nouvelles mesures et d'un reconfinement prochain", indique Christine Mattheeuws, présidente du SNI.

Si un confinement et une fermeture des commerces avait été décidée aujourd'hui, la mesure aurait été très dure, mais 70 % de la population qui se disait prête à accepter ce sacrifice. S'il s'agit de reporter l'échéance d'une semaine ou plus tard encore, pour répondre à une situation qui se serait dégradée entre-temps, la pilule serait alors très dure à avaler. Espérons que le gouvernement n’a pas joué la montre en priant pour que les indicateurs quittent cette zone d’un rouge toujours plus vif de jour en jour.