La justice belge a finalement accepté vendredi de protéger contre la faillite le leader mondial des technologies de reconnaissance vocale, pendant au moins six mois mais sous des conditions strictes et sévères

YPRES Limitée jusqu'au 30 juin, cette protection anti-faillite pourrait cependant être prolongée de deux ans. Soumis pendant cette période à un régime sévère, le fleuron de la technologie flamande aura notammemnt pour devoir de programmer une réunion des actionnaires avant le 1er mars pour permettre une transparence totale, a-t-il ajouté.
Le tribunal a aussi obligé le cabinet d’audit KPMG à rendre un rapport complet sur la situation de l’entreprise d’ici cette réunion, où se posera la question de la démission de certains membres du conseil d’administration.
En outre, le pouvoir des trois administrateurs provisoires sera étendu. Ceux-ci surveilleront étroitement le fonctionnement de l’entreprise et participeront à chaque réunion du conseil d’administration.
Malgré cette protection garantie par la justice, L&H a annoncé que 20% des 6600 salariés répartis à travers le monde devrait être licenciés.
"La réduction de 20% a débuté. La moitié de cette suppression proviendra entre autres de la fin des contrats de consultants", a précisé un des adminstrateurs.
Pour rappel, toute l'affaire Lernout & Hauspie avait débuté suite à des «irrégularités» dans ses comptes de 1998, de 1999 et du deuxième semestre 2000.
L’entreprise avait alors décidé de mettre à l’écart ses deux fondateurs, l’ingénieur Jo Lernout et le financier Pol Hauspie.
Depuis fin novembre, le groupe est virtuellement en faillite, ses banques créancières ayant exigé le remboursement immédiat de 430 millions de dollars (452,6 millions d’euros) de crédits.
Pour leur échapper, L&H avait fait à ce moment là une première demande de protection judiciaire contre la faillite, qui avait été rejetée par le tribunal de commerce d’Ypres au motif que la société devait encore faire toute la lumière sur ses comptes.
Dans un audit rendu public le 19 décembre, Le&H a reconnu que 277 millions de dollars de faux revenus avaient été inscrits dans ses comptes depuis deux ans et demi.
Ces fraudes ont été enregistrées dans tous les grands secteurs d’activité de la société: pratiques de vente problématiques aux Etats-Unis et en Belgique; inscriptions comptables inappropriées de start-up auxquelles une grosse part de la croissance des revenus de L&H était attribuée; trou financier de 106 millions de dollars en Corée du Sud.
Depuis l’aveu de ces irrégularités, le titre Lernout et Hauspie a été suspendu de la cotation aux Bourses électroniques Easdaq (Bruxelles) et Nasdaq (New York) et les 15.000 petits porteurs de la société ont perdu leur mise.
Fondée en 1987, la société s’était fait une spécialité de transformer la voix en données informatiques. Grâce à sa vitalité boursière, elle avait racheté au printemps dernier par échange d’actions les sociétés américaines Dictaphone et Dragon Systems, s’assurant ainsi une première place mondiale dans le secteur.