Economie

Elle prendra la tête du principal opérateur batave, KPN, le Proximus hollandais, où une rémunération de 935.000 € l'attend. Son mandat devait s'achever début 2020.

Coup de tonnerre dans le paysage Télécom ! Dominique Leroy, qui avait pris la tête du groupe Proximus en tant que CEO il y a cinq ans, va quitter l'opérateur historique. Après un premier poste au sein d'Unilever, elle avait rejoint le groupe Proximus en 2011, où elle avait rapidement pris la tête du département business consommateurs. Cette maman de deux enfants, diplômée de Solvay, avait succédé à feu Didier Bellens, pour un mandat de six ans qui devait toucher à sa fin au début 2020. Elle n'ira pas au bout : elle quitte l'entreprise publique autonome à compter de ce 1er décembre 2019.

"Le Conseil d’Administration souhaite expressément remercier Dominique Leroy pour son leadership et ses efforts dans un marché particulièrement difficile durant son mandat de presque six ans. Dominique Leroy a été capable d’assurer que Proximus puisse montrer des résultats en croissance pour les quatre dernières années, que ce soit en termes de revenus ou de bénéfices", souligne, notamment le groupe.

Dans les prochaines semaines, Dominique Leroy "continuera d’assurer la gestion journalière de l’entreprise et des dossiers majeurs". Elle assurera la préparation du plan 2020 et se concentrera sur la finalisation du plan de transformation - et des restructurations qui en découlent -, annoncé au début de l’année.

C'est vers KPN, le principal opérateur Télécom hollandais, que son regard se tournera : elle deviendra CEO de KPN une fois sa mission chez Proximus derrière elle.

"KPN jouit d'une excellente réputation et d'une excellente équipe de direction. Je suis impatiente de travailler avec eux", a déclaré par voie de communiqué Dominique Leroy, afin d'aider l'opérateur d'Amsterdam à devenir "un fournisseur de services de communication et de services numériques de premier plan, centré sur le client".

"Le Conseil d’Administration souhaite à Dominique beaucoup de succès dans sa future carrière et entame immédiatement la procédure de sélection d’un nouveau CEO."

Patronne réputée pour son enthousiasme, sa capacité à trancher et à bouger les pions (voire bouleverser, la plateforme Pickx à laquelle goûtent peu RTBF et RTL n'en est qu'un énième exemple) lorsque nécessaire, elle aura, se murmure-t-il, parfois eu quelques difficultés à s'entendre, notamment avec son ministre de tutelle (essentiellement Alexander De Croo, Open VLD, avant que Philippe De Backer ne le relaye au Télécommunications et à l'Agenda Numérique, De Croo Junior étant parti aux Finances) et, de manière plus globale, le gouvernement. De là à dire que son départ est motivé par cette opposition, parfois farouche (notamment sur le dossier sensible de la licence du quatrième opérateur), il y a un pas que nous ne franchirons pas...

Une rémunération de 935.000 euros (bruts) par an chez KPN

Précisons enfin que Dominique Leroy bénéficiera chez KPN d'un package salarial comprenant 935.000 euros de rémunération de base par an auquel s'ajoutent les "régimes incitatifs" pratiqués par l'entreprise néerlandaise. Une somme semblable à celle qu'à perçue Dominique Leroy en 2018 chez Proximus, où elle avait perçu 937.000 euros en 2018. Dominique Leroy échappait donc - très largement - au salaire des top managers plafonné à 290.000 €, notamment parce que le groupe qu'elle dirige est côté en bourse.

Dominique Leroy motive sa décision, en vidéo