Economie

Des employés de Proximus ont dit "au revoir et merci" à leur CEO ce jeudi après-midi. Une action présentée comme spontanée, photo à l'appui, par l'entreprise. Mais la pilule n'est pas passée du côté des représentants des travailleurs.

Pour le dernier jour de Dominique Leroy à la tête de Proximus, quelque 250 employés travaillant dans les tours de Bruxelles ont formé jeudi après-midi un cœur sur l'esplanade au pied du building et brandi des lettres formant les mots "Thank you". Par cette action présentée comme spontanée par l'entreprise, ces membres du personnel ont dit un dernier "au revoir et merci" à la CEO.

A y regarder de plus près, un détail fait tache dans la photo. Une banderole du front commun syndical, sur laquelle on peut lire "Shift to digital (le nom du plan de transformation et de restructuration de Proximus qui pourrait coûter leur emploi à 1900 personnes, NdlR) Non aux licenciements secs (en français et en néerlandais, NdlR)" est déployée sur les bancs devant le cœur.

Nous contactons alors Jean-Claude Philippon, le président du SLFP Proximus, pour quelques explications. Et l'on découvre que l'action des membres du personnel était tout sauf spontanée et que l'affichage de la banderole syndicale ne tenait pas du hasard.

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"Mercredi, Proximus a envoyé un mail à l'ensemble du personnel pour faire savoir qu'il y aurait un cadeau de départ à Dominique Leroy et l'ouverture d'un livre d'or électronique. Les organisations syndicales ont été choquées. Nous avons prévenu que certains employés allaient mal le prendre et qu'il y aurait peut-être des actions de protestation", raconte le permanent syndical.

"Ce jeudi", poursuit-il, "la secrétaire personnelle de Dominique Leroy a envoyé un mail aux employés, les invitant à former le cœur sur l'esplanade. En réaction, nous avons placé la banderole afin de rappeler qu'une procédure de licenciement collectif est en cours."

"Au nom de la liberté d'expression", les syndicats n'ont pas voulu empêcher la tenue de cette manifestation, qui n'a rassemblé que 5% du personnel travaillant dans les tours Proximus, tiennent-ils à souligner, mais la pilule ne passe pas.

Les syndicats de Proximus se sont engagés à ne plus communiquer à la presse pendant toute la période d'intervention des médiateurs sociaux, appelés il y a quelques jours à la rescousse pour renouer le dialogue avec la direction.

Si Jean-Claude Philippon a choisi de ne pas respecter cet engagement en nous racontant les coulisses de ce cadeau d'adieu à Dominique Leroy, c'est, dit-il, qu'il trouve inacceptable l'initiative de l'entreprise et plus particulièrement celle de la secrétaire personnelle de Dominique Leroy.