L'ex-patronne de Proximus est suspectée d'avoir vendu des actions au moment où elle avait connaissance de son départ du groupe

La juge d'instruction a clôturé son enquête concernant Dominique Leroy, ancien CEO de Proximus. Celle-ci a inculpé Dominique Leroy sur la base d'indices relatifs à un potentiel délit d'initié lors de la vente de ses actions Proximus à l'été 2019.

"C'est une phase importante de la procédure qui s'achève après 8 mois d'enquête. Ceci lui permettra d'avoir accès au dossier et de lever les doutes et les questionnements de la justice. Comme elle l'a toujours affirmé, Dominique Leroy réfute formellement tout indice quelconque de délit d'initié, celle-ci n'ayant, au moment de l'ordre de vente, aucune négociation en cours avec KPN et étant en discussion sur le renouvellement de son contrat chez Proximus", précise le conseil de Dominique Leroy.

"Elle précise par ailleurs que la décision de procéder à la vente de ses titres avait été prise de longue date. En outre, l'accord avec KPN est intervenu plus d'un mois après l'ordre de vente", ajoute Me Buyle. Dominique Leroy reste confiante quant à l'issue favorable de la procédure judiciaire. Elle ne fera aucun commentaire pour respecter la procédure.

Retour sur l'affaire

Souvenez-vous : l'ex-patronne de Proximus était suspectée d'avoir commis un délit d'initié au moment où elle comptait quitter son mandat de CEO chez Proximus pour rejoindre l'opérateur néerlandais KPN. Dominique Leroy, qui au cours de son mandat à Proximus (où elle succédait à feu Didier Bellens) avait entamé une mutation et une digitalisation importante de la marque, avait souhaité tenir une autre barre que celle de l'opérateur historique belge à l'été 2019. Bémol : un mois avant son départ, l’ex-CEO avait vendu 10.840 actions Proximus pour un montant total de 285.342,40 euros. Dominique Leroy avait alors précisé qu’elle n’avait pas encore décidé de quitter Proximus au moment de cette vente, même si elle avait déjà discuté avec d’autres parties, y compris KPN. Une version que maintient donc son avocat ce jour.

KPN qui, pour rappel, s'était également rétracté et avait renoncé à engager la topmanager à l'automne 2019.

L'ancienne CEO de Proximus a été nommée, tout récemment, "senior advisor" du fonds d'investissement basé à Bruxelles Ergon Capital.