Alors que les Français, du moins dans certaines régions, ont débuté les soldes hier, pour les Belges, le grand départ sera donné lundi. Et les bonnes affaires seront au rendez-vous, comme le confirme Peter Vandenberghe, porte-parole de Comeos.

Dans quel état d’esprit les commerçants abordent-ils cette période ?  

"Les commerçants espèrent toujours profiter des quelques jours qui restent avant les soldes pour vendre une partie de leur stock car les soldes ne sont pas une période économiquement intéressante pour eux. Pour ce faire, ils ont quasiment tous eu recours à la vente couplée, du style 1+1 gratuit."

Précisément, les stocks sont-ils plus abondants que l’an dernier ?  

"Non, les commerçants ont été très prudents. S’ils ont bien effectué une grosse commande en septembre, ils préfèrent se réapprovisionner en cours d’année en fonction des ventes. Ils ont anticipé la crise et la mauvaise météo pour limiter la casse. Ils ont donc moins commandé et les stocks sont équivalents à ceux de l’année dernière pour les soldes."  

Cela aura-t-il un impact sur le chiffre d’affaires ?  

"Probablement. En période de soldes, la plupart des commerçants vendent à perte. S’ils n’ont pas réalisé un bon chiffre durant la saison, cela aura un impact sur le chiffre d’affaires. Les soldes sont une très mauvaise affaire pour le commerce, mais ils sont utiles car ils permettent de liquider les stocks."

Les clients peuvent-ils s’attendre à de grosses réductions d’emblée ?  

"C’est un phénomène encore relativement neuf. Il y a deux ou trois ans, les réductions allaient crescendo. La première semaine, les remises oscillaient entre 20 et 30 %, puis on passait à 40 % pour finir à 60-70 %. Depuis l’an dernier, on affiche du moins 70 % dès le premier jour."  

Il faudra donc être rapide si on veut avoir le choix…  

"Oui et non. Car l’autre phénomène qu’on observe, c’est la rotation de la marchandise. La première semaine, les commerçants remplissent leur rayon avec une partie du stock puis, lorsqu’il est écoulé, les rayons sont regarnis d’autres articles. L’offre sera donc différente de semaine en semaine, mais les réductions seront importantes tout au long des soldes."  

Les commerçants belges souffrent-ils d’une concurrence des pays limitrophes ?  

"C’est effectivement un problème. L’avantage qu’on a, c’est que la période des soldes est clairement définie en Belgique. Les gens savent qu’ils débutent lundi et attendent cela comme un événement. En France, il y a plus d’une dizaine de périodes de soldes, en fonction des régions. Aux Pays-Bas, c’est encore pire, il n’y a tout simplement pas de règles et les commerçants peuvent faire des soldes toute l’année. Mais on ne peut pas nier qu’avec la crise, les clients disposent d’un budget serré et s’ils profitent des soldes de l’autre côté de la frontière, c’est autant d’argent qu’ils ne dépenseront pas chez nous."