Le tribunal de commerce d'Ypres a placé le fleuron de la technologie flamande sous concordat

YPRES Le feuilleton judiciaire de la société Lernout et Hauspie a connu une première fin provisoire vendredi. Le tribunal du commerce d'Ypres, appelé à se prononcer sur la demande de concordat introduite par la société de reconnaissance vocale, a tranché.

Le juge a refusé de prononcer la faillite. Le concordat judiciaire a donc été accordé mais sous `des conditions strictes et sévères´.

Depuis la révélation, à l'automne dernier, de malversations dans les comptes de la société sous la direction des deux pères fondateurs Jo Lernout et Pol Hauspie, le titre, véritable star de l'Easdaq et du Nasdaq, avait plongé avant de voir sa cotation suspendue.

La faillite paraissait alors inévitable à moins que la société, qui est redevable de 430 millions de dollars (483 millions d') à un cartel de banques belges, ne puisse bénéficier de la protection judiciaire du concordat.

Au début du mois de décembre dernier, une première demande de concordat avait dû être rejetée par le tribunal de commerce d'Ypres qui estimait ne pas pouvoir se prononcer sur base des chiffres des chiffres qui lui avaient été fournis.

Dans la perspective d'une nouvelle demande de concordat, le juge yprois avait alors désigné trois administrateurs provisoires chargés d'épauler le conseil d'administration et de préparer le dossier.

Il semblait dès lors assez évident que le chemin du concordat s'esquissait à grands traits. Hier matin, le couperet est tombé L & H dispose d'une mesure de concordat de six mois renouvelable par la justice pour une période de deux ans.

Pendant cette période, la firme sera soumise à un régime, `sévère´ elle devra notamment programmer une réunion des actionnaires avant le 1er mars pour permettre `une transparence totale´, selon le juge.

Le tribunal a aussi obligé le cabinet d'audit KPMG à rendre un rapport complet sur la situation de l'entreprise d'ici cette réunion, où se posera la question de la démission de certains membres du conseil d'administration. Toujours dans un esprit de transparence, la justice a étendu les pouvoirs des trois administrateurs provisoires, appelés à surveiller le fonctionnement de l'entreprise.

De son côté, le président du conseil d'administration de L & H, Roel Pieper, a déclaré à l'agence Belga que 20% des 6.600 salariés que compte la société dans le monde devront être licenciés.

`La réduction de 20% a débuté. La moitié de cette suppression proviendra entre autres de la fin des contrats de consultants´, a-t-il précisé.