e5 mode annonce ce vendredi vouloir se retirer entièrement du marché wallon, prévoyant la fermeture de 12 magasins. "Cette présence est insuffisante pour être rentable", signale l'entreprise familiale belge. Le retrait devrait débuter en avril prochain et se terminer en 2021 "en fonction des contrats de bail des magasins". D'Anderlues à Wavre, toutes les boutiques disparaîtront à terme.

Une stratégie financière plus saine, voilà l'argument invoqué. "Je viens juste d’acquérir e5 mode. La stratégie que j’envisage pour l’entreprise se concentre plus sur la vente en ligne, ainsi que sur d’autres investissements comme, par exemple, dans les nouvelles technologies du retail", expose en début de communiqué Frédéric Helderweirt, CEO de la chaîne e5 mode.

Le retrait du marché wallon sera réalisé en parallèle avec d’autres investissements dans les magasins actuels, comme la rénovation effectuée en ce moment dans les magasins de Bree (Limbourg) et Maldegem (Flandre orientale).

"Je constate que notre offre est conçue pour répondre aux besoins du public flamand et ne convient pas suffisamment au public wallon", estime le CEO. En Wallonie, contrairement au Nord du pays, la gamme d’e5 mode ne serait pas considérée comme du prêt-à-porter quotidien. Principale raison pour laquelle les magasins wallons ne sont alors pas rentables. "Maintenir cette situation n’a pas de sens".

Même avec cette fermeture progressive des douze enseignes wallonnes, les économies d’échelle ne seront apparemment pas suffisantes pour soutenir toute l’infrastructure et le marketing de l'entreprise familiale, qui ne possède pas de boutique à Bruxelles.

En pratique, la boutique en ligne d'e5 mode restera "évidemment" disponible dans les deux langues nationales, pour servir la clientèle wallonne, a tenu à rassurer la chaîne.

Mais les magasins d'Anderlues, Arlon, Ath, de Boncelles, Braine-l’Alleud, Champion, Gerpinnes, Huy, Jemeppe-sur-Sambre, Tournai, Verviers et Wavre disparaîtront donc à terme.

Les contrats de location de six magasins arrivent à échéance entre la fin du mois de mars 2020 et la fin de cet été. Les magasins de Boncelles (Seraing) et Verviers devraient être les premiers cesser leur activité, suivis par ceux de Ath, Braine-l’Alleud, Tournai et Jemeppe-sur-Sambre.

Les contrats de location des autres magasins courent plus longtemps. Le dernier magasin sera en principe encore ouvert jusqu’en 2021.

Quant au personnel, les magasins impactés emploient 42 travailleurs sous CDI, 6 apprentis et 5 personnes en CDD.

"Les départs éventuels seront étalés dans le temps et couplés à la résiliation attendue des contrats de bail concernés", conclut la chaîne, créée en 1979 par le couple Griet Talpe et Etienne Kaesteker.

Les syndicats pris de court

L'annonce de fermeture des 12 magasins wallons faite en conseil d'entreprise extraordinaire ce vendredi matin a été une demi-surprise pour les représentants du personnel. "Nous savions que la chaîne allait mal financièrement mais nous avions rencontré la nouvelle direction (e5 mode a été racheté par le groupe FNG, maison-mère de Brantano, fin décembre, NdlR) le 31 décembre et elle nous avait dit qu'elle analysait la situation des magasins. Avec un tel propriétaire, nous pensions qu'il allait proposer un plan commercial", commente Rita Liebens, permanente Setca.

La syndicaliste, qui se trouve ce matin au siège social d'e5 mode à Sint-Niklaas, a demandé à la direction si elle avait des plans pour les magasins situés en Flandre, a priori non concernés par cette restructuration. "Il n'y a ni plan stratégique ni plan commercial pour la Flandre", dit Rita Liebens.

Selon la permanente Setca, la direction veut aller très vite avec cette procédure de fermetures et les licenciements qui l'accompagneront. "La direction va organiser dès le 21 janvier et jusqu'en février des entretiens individuels avec le personnel pour discuter des préavis. Les préavis sont d'ailleurs envoyés aujourd'hui afin de les faire coïncider avec la fin de certains baux de magasins. Et la direction veut rencontrer les syndicats le 21 janvier", annonce Rita Liebens.