A l’heure où un plus large déconfinement se précise, les impacts de la crise n’ont pas tous encore été identifiés.

Mais personne ni aucun secteur ne va échapper à une remise à niveau et/ou une remise en question. Même s’il ne concerne pas la majorité d’entre nous, le monde du luxe et, notamment ses consommateurs, n’est pas le dernier à s’interroger sur l’avenir, sur son avenir, sur l’après Covid-19.

Barbara Czyzeska, le responsable de la spécialisation en marketing de luxe et en gestion de marque au prestigieux Institut d’enseignement supérieur de Glion en Suisse, a analysé la situation

« Selon Altagamma, en association avec Bernstein et le Boston Consulting Group, la crise devrait entraîner une chute des ventes dans l’industrie du luxe de 30 à 40 milliards d’euros. »

Une économie qui génère des emplois et tente d’entrevoir la suite.

« Il est plus que probable qu’après des mois d’isolement, les clients vont avoir envie de revenir à une vie qui ressemble à celle d’avant. Notamment en profitant des voyages de luxe, des divertissements, de la restauration et des très prisés services de spa. »

Une preuve a récemment été apportée par la réouverture récente du magasin Hermès à Guangzhou en Chine. Dès le premier jour, le chiffre d’affaires a battu des records avec 2.7 millions de dollars d’achat. L’attente est là même si l’offre pourrait évoluer. En effet, concernant les voyages, rien n’est encore acquis.

« Les options sable, soleil et mer ainsi que les visites touristiques et le shopping vont plus que probablement revenir d’actualité même si les entreprises vont devoir faire preuve de créativité dans leurs activités. Les fusions, les partenariats et la collaboration entre différentes marques et différents secteurs de l’industrie vont renforcer la position, plus délicate, de petits acteurs. Deux pays montrent déjà l’exemple en attendant les touristes : l’Italie et Chypre. »

Durant cette pandémie, les marques de luxe, traditionnellement brocardées pour les chiffres d’affaires monstrueux qu’elles génèrent, ont pour la plupart montré qu’elles ont des valeurs et qu’elles peuvent aussi penser à la société. Des marques comme Moncler, Richemont Group ou Ralph Lauren ont effectué des dons en nature ou financiers pour lutter contre le virus. Armani ou LVH ont carrément transformé leurs sites de production en usines pour créer des matériaux destinés à aider les pays en pénurie de fournitures médicales. Bulgari a transformé ses usines de parfum en fabriques de désinfectants pour les mains. Autant de gestes qui montrent que ces entreprises sont aussi au cœur de la société.