Selon la FWA, le secteur peine déjà à maintenir une rentabilité suffisante, fermer les trois derniers marchés belges de vente de bétail, soit ceux de Ciney, Battice et Rekkem, ne ferait que détériorer davantage sa santé économique.

La fédération souligne qu'en Belgique, les agriculteurs pratiquent un l'élevage lié au sol, dans des exploitations familiales de taille raisonnable (en moyenne moins de 150 bovins sur 57 hectares). "Pour rappel, nous importons malheureusement sur notre territoire des viandes issues de régions où l'on pratique un mode de production nettement moins durable et moins respectueux du bien-être animal", ajoute-t-elle.

"Notre élevage a vraiment besoin d'une filière économique viable pour pouvoir poursuivre ses activités. Supprimer nos marchés, c'est réduire une saine confrontation de l'offre et la demande, qui créée des références de prix. C'est aussi multiplier les transports, car le marché est aussi un lieu qui permet le regroupement des animaux destinés à la même destination, ce qui est plutôt positif sur le plan environnemental", conclut la FWA.

Lundi, l'organisation de défense des animaux Gaia indiquait, sur la base d'une enquête en caméra cachée qu'elle a réalisée, qu'il subsistait toujours des dysfonctionnements en matière de bien-être des animaux sur les trois derniers marchés aux bestiaux belges. Elle constatait une amélioration par rapport à la situation qu'elle et l'association Animaux en Péril avaient filmée en 2000, mais demandait tout de même la suppression des trois derniers marchés aux bestiaux, ou du moins leur fermeture progressive.

"Fort heureusement, on ne peut plus vraiment parler de violence extrême envers les animaux, mais il subsiste énormément de dysfonctionnements en matière de bien-être des animaux", pointait le président de Gaia, Michel Vandenbosch, dénonçant une souffrance animale infligée inutilement, des infractions au règlement européen sur le transport des animaux ou encore un manque de contrôle vétérinaire.

Des observations démenties par ailleurs par la filière, qui affirme que la présence de vétérinaires indépendants, spécifiquement désignés pour assurer un monitoring en termes de bien-être animal est obligatoire et qu'elle est effective sur tous les sites. Quant aux blessures rapportées par Gaia, la FWA rappelle qu'il peut s'agir de blessures s'étant produites à la ferme ou pendant le transport. "Ces éléments ne montrent en tout cas en rien que les animaux ont souffert de maltraitance ou même de manque de soins", assure-t-elle.