L'enquête belge porterait sur des fonds publics vénézuéliens destinés à un programme alimentaire pour la population, qui ont été détournés par une offshore asiatique en transitant par la Belgique.

Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral, confirme uniquement qu'une "enquête a été ouverte concernant un dossier lié au Venezuela". Mais il refuse de donner plus de détails afin de ne pas compromettre l'enquête.

Dans les FinCEN Files, apparaissent de colossaux montants d'argent public "exfiltrés" du Venezuela, pourtant en crise humanitaire, par des magnats souvent proches du président Nicolas Maduro. Après analyse des 2.100 rapports au cœur de cette nouvelle fuite, il s'avère que les banques ont notifié entre 2009 et 2017 pas moins de 4,8 milliards de dollars de transactions suspectes liées à ce pays d'Amérique du Sud. Dont près de 70 % ont pu être identifiés comme appartenant à l'Etat.

Les banques belges traitent aussi avec des LLP

Des banques belges apparaissent aussi liées à des LLP de droit anglais dans la fuite massive de documents révélant des pratiques de grandes banques suspectées d'avoir permis le blanchiment d'argent sale à grande échelle, rapporte encore Le Soir mardi. Ce sont surtout des banques baltes qui figurent derrière ces sociétés-écrans britanniques. Mais on trouve également quelques traces de banques belges. Le Soir cite l'exemple d'une LLP britannique disposant d'un compte chez Belfius qui a opéré pas moins de sept versements depuis son compte belge en 2014 et 2015. Les destinataires sont surprenants, à savoir le cabinet Mossack Fonseca au Brésil (le bureau d'avocats au cœur des Panama Papers) et une société panaméenne.

Cinq sociétés belges ont également reçu des versements dont le donneur d'ordre est une LLP britannique, ayant un compte bancaire en Estonie ou en Lettonie. 226.000 dollars "pour textiles", 39.200 dollars pour des pneus, peut-on lire en communication.

Dans le sens inverse, au printemps 2015, un compte bancaire belge a versé plus de 17 millions de dollars (en huit tranches) sur un compte logé dans une banque chypriote. Un compte détenu par la mystérieuse Chadborg Trade LLP, dont il est impossible d'identifier l'identité du bénéficiaire qui se cache derrière cet écran britannique.