Economie

En Belgique, le marché du coaching représente 25 millions d’euros.

BRUXELLES Elle était attendue dans le milieu du coaching : la plus grande étude jamais sur la profession de coach à travers le monde réalisée (12 000 coaches participants). Commandée par ICF International (International Coach Federation) à PricewaterhouseCoopers, cette étude révèle que le secteur se porte très bien. " Au niveau mondial, le coaching représente un marché de 1 milliard 522 millions d’euros, dont 637 millions d’euros en Europe de l’Ouest et 25 millions en Belgique. Pour le futur, on prévoit une augmentation de coachés de l’ordre de 83 % en Belgique, et 76 % au niveau mondial" , révèle l’étude.

Les principales raisons pour lesquelles le Belge fait appel au coach sont les relations interpersonnelles et la communication (70 % des demandes), l’évolution personnelle (40 %), l’évolution et la transition de carrière (37 %), l’estime de soi et la confiance en soi (35 %), et le bon fonctionnement d’une équipe (28 %) selon la Libre Belgique.

" Toutes ces perspectives grâce aux difficultés des gens !", affirmeront les sceptiques. " La perception selon laquelle on se fait coacher parce qu’on va mal n’est pas du tout pertinente. Au contraire, on se fait en général coacher pour aller encore mieux , rectifie Henri Cnops, porte-parole d’ICF Belgium, la branche belge d’ICF International. Je constate en effet que dans les entreprises, les gens voient le coaching comme une opportunité et non the last chance before exit. C’est plutôt un cadeau de vie."

Si le coaching ne peut tout résoudre, Henri Cnops affirme qu’il peut en revanche apporter beaucoup. " Le coaching se définit comme un processus d’apprentissage à l’autonomie. En situation de dilemme, par exemple, il permet d’entrevoir davantage d’alternatives, de décider plus rapidement laquelle prendre, et d’agir en fonction."

En 2009, ICF International avait défini, dans une étude, le ROI d’un coaching. Le résultat était impressionnant : 732 %. " Le coaching a un effet one-to-many; il fait tâche d’huile sur l’environnement, tant professionnel que privé , affirme Henri Cnops. C’est pour cela que de plus en plus d’entreprises sont prêtes à investir."

On peut bien parler d’investissement : selon l’étude menée par PWC le coaching dure en moyenne, en Belgique, quatre à six mois dans 60 % des situations, et moins de douze mois dans 99 % des cas. Aux Etats-Unis, la période est plus longue encore. La plupart des entreprises réservent cette démarche aux cadres. " En quatre ans de coaching, j’observe une très forte évolution de la perception du coaching dans les sociétés, notamment grâce à une meilleure compréhension de son apport de la part des ressources humaines. Surtout dans les entreprises où l’humain est au cœur des priorités."

Autre détail intéressant de l’étude de PWC : en Belgique, la parité sexuelle est de mise en ce qui concerne les coachés, alors qu’aux Etats-Unis, 40 % sont des hommes et 60 % des femmes.

Bien sûr, pour arriver à ce niveau de crédibilité dans les entreprises, le coaching a bien évolué, depuis ses premières success stories dans le sport. " Lorsque je dis que mon métier est coach, les gens ont tendance à penser : coach, comme tout le monde Et bien non, justement ! Je suis membre d’ICF depuis huit ans et je peux vous assurer que la profession de coaching a bien changé en quelques années ! Moi-même je suis actuellement une formation qui me prend la moitié de mon temps, je passe des examens, je me fais superviser " L’ex-présidente d’ICF Belgium, Sylvie Schoen-Schlumberger, résume bien le besoin légitime de professionnaliser et de promouvoir le métier de coach.

Coaching personnel, coaching d’entreprise, coaching de petites entreprises, coaching de carrière Le mot s’est accommodé à toutes les sauces. C’est pourquoi le réseau ICF pose depuis plusieurs années les jalons d’une professionnalisation nécessaire. A commencer par l’établissement des " onze compétences à l’usage du coach " déposées, en mai 2011, à l’Observatoire des professions du Comité économique et social européen. Une étape importante vers un futur accès à la profession. Mais aussi un code éthique à l’échelle mondiale, des formations et des certifications

Avec ses 20 000 membres répartis dans plus de 82 pays, ICF International est aujourd’hui la plus grande association de coaches à travers le monde. En Belgique, ICF Belgium compte 200 membres et fête tout juste dix ans. " Il est clair que nous avons encore beaucoup de trajet à parcourir , confie Henri Cnops, mais les coaches d’aujourd’hui sont déjà d’un tout autre niveau qu’il y a dix ans ! "

© La Dernière Heure 2012