Dans quelques jours, cela fera un an que l’Horeca a dû fermer ses portes pour la première fois. Et il faudra encore attendre jusqu’au 1er mai, minimum, pour pouvoir rouvrir. Une catastrophe pour de nombreux indépendants, mais aussi des chaînes plus importantes. C’est le cas des boulangeries Le Pain Quotidien qui possède 32 enseignes en Belgique. Depuis un an, tous les magasins avaient gardé leurs portes ouvertes en proposant une formule à emporter, alors que ce sont les repas sur place et les brunchs qui représentent la part la plus importante des revenus du groupe. Jusqu’à nouvel ordre, 13 magasins vont fermer leurs portes : trois à Anvers, deux à Bruxelles (Tour&Taxis et Galerie Royale), ainsi que ceux de Gand, Malines, Overijse, Bruges, Waterloo, Liège et Wavre. “Il s’agit d’une fermeture temporaire, le temps d’y voir plus clair, réagit Annick Van Overstraeten, CEO de l’entreprise. Je suis frustrée et scandalisée par les dernières annonces du gouvernement. On nous parle vaguement du 1er mai, mais sans certitude et surtout sans nouvelles aides et sans protocole clair ! Devra-t-on porter des masques FFP2 ? Quid des tests rapides ?

"En France, les aides correspondent à 32 % des frais, en Angleterre c'est 31 % et aux Pays-Bas 50 %"

Et si Le Pain Quotidien a fait le gros dos depuis un an, les finances ne permettent plus de garder l’ensemble des points de vente ouverts. “Les aides ne sont pas suffisantes. En Belgique, cela correspond à 1,5 % de mes frais fixes. Je suis en contact avec mes collègues des pays voisins et la différence est énorme. En France, c’est 32 %, en Angleterre 31 % et aux Pays-Bas 50 %, souffle-t-elle. J’étais en ligne avec les Pays-Bas hier et ils ont des dates claires et des protocoles fixés pour les semaines à venir. En plus, on parle de nouvelles aides d’ici à la réouverture.

C’est donc avec un goût amer qu’elle envoie une partie de son personnel au chômage économique. “Les salaires ne sont pas énormes dans l’Horeca et on va encore leur retirer 30 %, regrette-t-elle. Nous voulons rouvrir au plus vite et nous avons des projets très importants pour les mois à venir, notamment avec une transformation digitale qui coûte beaucoup d’argent. Aujourd’hui, nous ne savons plus gérer l’ensemble du personnel sans avoir des perspectives claires. Quand on aura quelque chose de concret, nous rouvrirons les magasins fermés. Il est temps que le gouvernement gère cette crise correctement !