Le personnel de Proximus affilié au syndicat chrétien, soit plus de 3000 personnes, a rejeté le projet d’accord social sur la restructuration, a annoncé lundi Stéphane Daussaint, le responsable général de la CSC Proximus. La CSC appelle ses membres à une “mobilisation massive” mercredi matin au pied des tours de Proximus à Bruxelles, rejoignant le syndicat socialiste dans cette manifestation.

“C’était un projet d’accord social très difficile à défendre et, clairement, mes craintes se sont confirmées avec ce vote négatif”, commente Stéphane Daussaint. Les points du plan social qui ont conduit les affiliés de l’ACV-CSC à le rejeter sont le fait qu’il y aura des licenciements secs parmi les 1200 emplois qui doivent être supprimés, que les futures règles de fonctionnement de l’entreprise vont “faciliter les licenciements”, que plusieurs métiers de Proximus n’auront pas droit aux départs volontaires et qu’il manque d’une approche “humaine” pour gérer les fins de carrière des métiers pénibles (jointeurs, paveurs et techniciens), explique le syndicaliste.

Le “oui” bleu ne suffira pas

Jeudi dernier, le syndicat socialiste avait rejeté le projet d’accord à 93 %. Lundi, on a appris que les affiliés du syndicat libéral SLFP ont, eux, voté oui, à 65 %. Cela ne suffira pas à valider le projet d’accord mercredi en commission paritaire (l’organe de concertation entre syndicats et direction) puisque la majorité des deux tiers ne sera pas atteinte.

Que va-t-il se passer maintenant ? “La balle est dans le camp du président du conseil d’administration de Proximus. Va-t-il jouer le coup de force avec deux des trois syndicats ou bien postposer la commission paritaire et rouvrir des négociations sociales ?”, se demande Stéphane Daussaint.

Passage en force ou conciliation ?

Jean-Claude Philippon, président du SLFP Proximus, voit lui aussi ces scénarios se dégager. “Mercredi, la commission paritaire pourrait renvoyer le dossier vers le conseil d’administration qui se réunit jeudi. Le conseil d’administration a deux options. Soit, et c’est ma crainte, il active l’article 35 de la loi de 1991 sur les entreprises publiques autonomes (qui lui permet de passer outre toute décision prise en commission paritaire, NdlR) et peut décider de ne pas tenir en compte les avancées obtenues en négociations et revenir au plan initial de l’entreprise (suppression de 1900 emplois et pas d’avantages sociaux extra-légaux pour les employés licenciés, NdlR). Auquel cas, un préavis de grève serait déposé. Soit le CA a compris le message et demande à ce qu’on rouvre des négociations sociales. cela me paraît peu probable car ce serait faire aveu d’échec.”

Le futur CEO pourrait être désigné

Le conseil d’administration de jeudi sera donc dense et intense. Outre le fait, pour les administrateurs de Proximus, d’examiner ce rejet du plan social et de décider des suites à y donner, il devrait, selon des informations du Tijd, se pencher sur la succession de Dominique Leroy. Selon le quotidien flamand, un membre du comité exécutif de l’entreprise tiendrait la corde pour devenir le prochain CEO. Il s’agit du Français Guillaume Boutin. Il occupe la fonction de Chief consumer market officer depuis un peu plus de deux ans. Guillaume Boutin a précédemment travaillé en France chez SFR et Canal Plus.