L'entreprise yproise se place aussi sous le régime de la loi de protection sur les faillites aux USA

BURLINGTON La société belge Lernout et Hauspie (LetH) a annoncé ce mercredi en fin de soirée qu'elle s'était placée sous le régime de la loi de protection sur les faillites (chapitre 11) aux Etats-Unis. Dans un communiqué émanant de Burlington (Massachussets) et d'Ypres (Belgique), LetH a précisé qu'elle avait également demandé à bénéficier du régime du concordat en Belgique.

LetH, spécialisée dans les technologies de reconnaissance vocale, a indiqué qu'elle avait demandé à bénéficier des modalités du chapitre 11 devant un tribunal du Delaware. Cette législation américaine permet à une société de se réorganiser tout en étant protégée de ses créanciers et d'éviter une mise en faillite immédiate. `La demande de chapitre 11 va permettre à LetH de continuer à répondre aux problèmes rencontrés dans le passé, tout en définissant une stratégie pour développer ses actifs technologiques et ses parts de marché et en revenant à la rentabilité´, souligne le communiqué. `Nous avons essayé sans succès de trouver un accord acceptable avec nos banques créancières. Après une analyse en profondeur des opérations de LetH dans le monde entier et de sa situation financière, nous sommes arrivés à la conclusion qu'une restructuration volontaire était à la fois une mesure prudente et nécessaire pour protéger et reconstruire notre clientèle et nos actifs technologiques´, a déclaré John Duerden, P.-D.G. de la société, cité dans le communiqué.

Les sociétés concernées par la mise sous protection aux Etats-Unis sont Lernout et Hauspie Speech Products NV, Dictaphone Corporation, et LetH Holdings USA. En Belgique, la demande de concordat concerne Lernout et Hauspie Speech Products NV.

Pol Hauspie, le seul des deux fondateurs du groupe belge qui y exerçait encore une fonction (Jo Lernaut avait quitté ses fonctions le 9 novembre), avait démissionné du conseil d'administration le 24 novembre.Sa démission était intervenue le même jour que l'annonce de l'ouverture d'une enquête contre X par le parquet d'Ypres pour faux en écriture et infractions à la législation sur les comptes annuels des entreprises, dans le cadre de fraudes imputées à LetH.

Les ennuis de LetH ne cessent donc d'empirer depuis l'aveu le 9 novembre que ses comptes de 1998, 1999 et du premier semestre 2000 devaient être revus en raison `d'erreurs et d'irrégularités´ comptables non précisées