Seules les exportations de produits pharmaceutiques ont tiré leur épingle du jeu, tandis que celles du secteur automobile ont fortement diminué. Lors du premier confinement instauré pour lutter contre la progression de l'épidémie en Belgique, les exportations de produits pharmaceutiques ont augmenté de 3,4 milliards d'euros (+47,5%) par rapport à la moyenne 2017-2019 à période correspondante. Elles se sont établies à un peu plus de 10,5 milliards d'euros au cours des mois de mars à mai. Un phénomène qui n'est pas étonnant, selon le rapport, car la Belgique a une bonne réputation en matière de recherche sur les médicaments et les vaccins.

Les autres activités ont souffert de la situation, en particulier le secteur automobile dont les ventes à l'international, de véhicules et de pièces détachées, ont chuté de 3,2 milliards d'euros (-37,5%). Comme l'approvisionnement en pièces s'est parfois arrêté, la chaîne de production a été bloquée chez Audi (Forest) et Volvo (Gand) et moins de véhicules en sont dès lors sortis. La demande de voitures de la part des consommateurs a également diminué.

Des reculs importants ont également été constatés pour les produits minéraux (-2,7 milliards, soit -50,1%) et les pierres et métaux précieux (-2,1 milliards, -48,3%). L'industrie anversoise du diamant a été particulièrement touchée. Il semble que le besoin en produits de luxe s'est moins fait ressentir durant la crise. La fonte, le fer et l'acier (-1,1 milliard, -34,6%) ou encore les machines et appareils mécaniques (-896,8 millions, -17,7%) ont également vu leurs exportations suivre une courbe négative.

Globalement, en comparaison avec la moyenne de la même période des trois années précédentes, les exportations totales de biens de la Belgique ont chuté de 17,8%, pour atteindre un peu moins de 83 milliards d'euros entre mars et mai. Les importations ont, elles, diminué de 18,1%, à 79,9 milliards d'euros.

D'après une autre étude, de l'assureur crédit Credendo et de l'hebdomadaire Trends, quatre entreprises sur cinq ont été touchées par la crise. Cela inclut une baisse de la demande, des annulations et des problèmes logistiques. Six entreprises sur dix craignent que la pandémie continue d'affecter leurs exportations l'année prochaine.

Les exportations belges ont toutefois moins baissé que celles des voisins Allemagne (-21,3%) et France (-29,4%), met encore en lumière l'Agence pour le commerce extérieur. L'Autriche (-14,1%), la Suède (-12,3%), les Pays-Bas (-11,4%) ou encore le Danemark (-4,8%) ont par contre mieux résisté au premier confinement. L'Irlande a même enregistré une croissance de 17% des exportations.

Selon l'étude, qui souligne que le commerce extérieur est "le pilier central de la prospérité économique" de la Belgique, cette crise doit également être l'occasion d'aborder des marchés sur lesquels les exportateurs belges ne sont pas très actifs mais où la reprise est déjà forte.

L'Agence considère que la Belgique devrait "se redresser rapidement" de cette crise grâce à son économie ouverte au commerce international, lorsque les importations et les exportations mondiales retrouveront leur niveau normal.

D'après sa directrice générale Fabienne l'Hoost, il y a en tous les cas une volonté de la part des entreprises de faire le nécessaire pour regagner les marchés perdus.

La responsable considère, à ce titre, les missions économiques avec la princesse Astrid et les visites d'État comme des "outils précieux" pour aider les entreprises. L'année prochaine, il y aura exceptionnellement trois missions princières au lieu de deux, celles de cette année n'ayant pas pu avoir lieu. Une délégation belge visitera ainsi le Sénégal, la Grande-Bretagne et les États-Unis, avant de se rendre au Japon et en Australie en 2022.

Lors d'une présentation de cette étude jeudi après-midi, Anick Van Calster, directrice générale des Affaires bilatérales du SPF Affaires étrangères, a en outre assuré aux entreprises belges qu'elles pouvaient compter sur "un déploiement accru de nos missions diplomatiques et de nos représentants régionaux" à l'étranger. Il y aura également une campagne d'image pour mettre en valeur les atouts de la Belgique, a-t-elle annoncé.