Parmi les professions qui peuvent encore exercer, le débat fait rage autour des salons de coiffure.

Les conditions sont certes strictes (un ou une cliente à la fois) mais l’interdiction pure et simple n’a pas (encore ?) été édictée. Patronne du "Griff" à Braine-l’Alleud, Sophie Gharbi a décidé de baisser les volets.

Le coronavirus s’est invité subitement dans ma vie mercredi dernier, raconte-t-elle. Le mari d’une cliente m’a téléphoné pour m’avertir que son épouse était aux soins intensifs sous respirateur. Cela a été le déclic. Comme un révélateur. J’ai décidé de ne faire courir aucun risque ni à mes clients ni à moi-même. Je me suis auto confinée à la maison jusqu’au 5 avril. Comme je n’ai pas subi un test, je ne sais pas si je suis porteuse du virus. Donc zéro risque."

Jusqu’alors, elle avait décidé d’appliquer les règles. Sans réelle conviction mais aussi sans protection particulière et avec l’impossibilité physique de la distanciation sociale. Par essence, faire un brushing ou une coupe au carré, cela nécessite un contact physique.

"En 30 ans de carrière, je n’ai jamais annulé un rendez-vous. Un client à la fois, ce n’est évidemment pas rentable pour un salon mais nous sommes aussi un entreprise de service, un lien social. Certaines personnes ne voient que leur facteur ou leur coiffeur sur une semaine."

Et après le 5 avril ?

"Je pense que la décision de fermer les salons de coiffure doit venir du gouvernement. Je ne juge personne mais si vous laissez la possibilité d’exercer, certains ne s’en priveront pas. Après quinze jours de confinement, j’aviserais. Si je n’ai pas contracté la maladie d’ici là, je ne serais officiellement pas porteuse."