"Le personnel est à bout moralement et physiquement. Les entreprises doivent l’entendre", plaide le front commun syndical, qui demande à la fédération sectorielle de donner davantage de jours de congés aux employés.

A contrario de ce que prévoit l'arrêté ministériel de lundi sur les mesures de lutte contre l'épidémie de coronavirus, c'est-à-dire une ouverture possible des commerces alimentaires de 7 à 22h, le front commun syndical de la grande distribution interpelle mercredi la fédération patronale sectorielle pour demander à ce que les magasins ferment plus tôt en soirée.

Dans une lettre ouverte à Comeos, les syndicats écrivent : "À ce stade, les magasins sont ouverts 6 jours sur 7. Chacun peut donc faire ses courses correctement et ce même avec le filtrage de la clientèle. Ouvrir le dimanche dans les zones touristiques n’a plus aucun sens en période de confinement qui empêche le tourisme. Il en va de même pour les dimanches matin ou les dimanches en journée où les magasins ouvrent dans des conditions de sécurité des plus limites. De même, nous demandons des fermetures plus tôt le soir, notamment dans les supermarchés et ce sans perte de salaire. En effet, force est de constater que le confinement et l’offre de transports en commun réduite limite fortement le nombre de clients en soirée".

"Fermer plus tôt permettrait aux travailleurs de pouvoir souffler, de limiter le contact avec les espaces potentiellement contaminants et de pouvoir encore bénéficier des transports en commun pour rentrer chez eux. Le personnel est à bout moralement et physiquement. Les entreprises doivent l’entendre", souligne le front commun qui ajoute : "Il est évident qu’aucun élargissement des heures d’ouverture ne sera accepté".

Primes et congés pour les travailleurs

De plus, les représentants du personnel demandent des mesures de compensation pour les employés. "Aujourd’hui, la croissance du chiffre d’affaires dans l’alimentaire est vertigineux. L’alimentaire se refait une santé au mépris de la santé de ces travailleurs. En effet, négocier des mesures sérieuses de compensation pour les travailleurs n’est pas à l’ordre du jour du secteur. Nous demandons des jours de congé/récupération supplémentaires pour permettre à chacun réellement d’en bénéficier. En plus de ce socle, les entreprises peuvent négocier des suppléments dans les modalités à définir en concertation avec les organisations syndicales. "

Une réunion de concertation entre Comeos et les syndicats aura lieu ce mercredi soir. Le front commun attend "des réponses sérieuses" de la part de la fédération patronale sans quoi, annonce-t-il, "nous n’écartons pas que des actions se mettent en place ".

La Première ministre Sophie Wilmès (MR) a fait savoir ce mercredi que l'allongement des heures d'ouverture des commerces alimentaires serait clarifié vendredi.