Economie

Les sommes transférées par des habitants d'un pays riche vers leur pays d'origine plus pauvre devraient atteindre 550 milliards de dollars en 2019 et devenir la principale source de financement extérieur des pays en développement, a indiqué la Banque mondiale lundi. 

L'institution a aussi confirmé que 2018 avait été une année record pour ces versements, qui sont souvent une source de revenus indispensable aux récipiendaires dans les pays en voie de développement, avec un montant de 529 milliards de dollars, soit une hausse de 9,6% sur un an.

Au total, les transferts vers l'étranger entre particuliers, c'est-à-dire incluant ceux à destination des pays riches, se sont élevés à 689 milliards en 2018 contre 633 milliards de dollars un an plus tôt.

Les fonds vers la région Asie orientale et Pacifique ont augmenté de 7% et ceux à destination de l'Asie du Sud de 12%.

"La croissance générale a été stimulée par une embellie de l'économie et de la situation de l'emploi aux Etats-Unis et un rebond des flux de pays du Golfe et de la Fédération de Russie", a souligné la Banque.

L'Inde a été la principale destinatrice de ces fonds avec 79 milliards de dollars, suivie par la Chine (67 milliards), le Mexique (36 milliards), les Philippines (34 milliards) et l'Egypte (29 milliards).

Les frais de transfert pour un envoi de 200 dollars étaient de 7% en moyenne au premier trimestre de 2019, a également indiqué la Banque mondiale, qui déplore régulièrement ces coûts jugés élevés et qui a rappelé l'objectif de les ramener à 3% d'ici 2030.

Les transferts vers l'Afrique et vers les îles du Pacifique restent particulièrement coûteux avec des frais de plus de 10%.

Les banques restent le moyen de transfert le plus cher (11% de frais), suivi des bureaux de poste (plus de 7%).

"Ces transferts sont en passe de devenir la principale source de financement extérieur des pays en voie de développement. Le coût élevé des transferts réduit le profit que l'on peut tirer des migrations", a souligné Dilit Ratha, principal auteur de la note de la Banque.

"Renégocier des partenariats exclusifs (par exemple entre les services postaux et un prestataire de services de transfert) et laisser de nouveaux concurrents entrer en lice à travers les bureaux de poste, les banques et les compagnies de télécommunications va accroître la concurrence et diminuer le prix des transferts", a souligné M. Ratha.