Alors que les discussions par rapport à une aide de l'Etat belge à Lufthansa contre des parts dans Brussels Airlines sont tombées à l'eau, le gouvernement fédéral et les CEO de Lufthansa et Brussels Airlines, respectivement Carsten Spohr et Dieter Vranckx, se sont entretenus ce vendredi.

La Première ministre Sophie Wilmès et le ministre des Finances Alexander De Croo ont tenu à rappeler l’importance de la bonne tenue de la procédure Renault, essentielle lors de licenciements collectifs en Belgique. "La limitation maximale du nombre de licenciements contraints et des efforts concrets dans l’accompagnement des collaborateurs seront deux éléments décisifs", apprend-on dans un communiqué conjoint.

Le gouvernement a rappelé qu’aucune intervention de l’Etat ne serait possible sans le respect d’une série de conditions. A savoir la mise en place d’un business plan réaliste et rentable pour l’avenir de la compagnie ainsi qu’avec des engagements en termes d’emploi et de respect de l’environnement.

Les autorités et l’entreprise allemande veulent montrer patte blanche alors que les derniers jours étaient assez tendus. "Tant Lufthansa Group que l’État belge reconnaissent l’importance de Brussels Airlines en tant que hub économique offrant une connectivité étendue, et l’importance d’un plan de croissance ambitieux qui se concentre sur le continent africain et nord-américain", signalent-ils. En particulier le continent africain, serait-on tenté de dire, tant la connexion depuis Bruxelles, capitale de l’Europe, et l’Afrique est historique et essentielle pour le groupe.

"Il a été convenu de poursuivre dans les jours à venir les négociations quant à la forme et aux conditions du financement, et quant à la manière de garantir la réalisation du plan de croissance tout en améliorant l’efficacité opérationnelle du groupe. Un compromis n’est possible que si un accord intervient aussi entre les partenaires sociaux et la direction de Brussels Airlines. Un accord entre Lufthansa Group et l’État allemand, avec lequel le gouvernement belge est en contact étroit, est tout aussi important dans ce contexte. Les deux parties ont la ferme conviction de parvenir à un accord fructueux dans l’intérêt de Brussels Airlines, de son personnel et de tout l’écosystème autour de l’aéroport", précise le communiqué.

"Un hold-up sur nos salaires"

Cependant, du côté syndical, les doutes sont nombreux. Les conditions de travail étant revues à la baisse, dont les temps de repos, tout comme les barèmes des salaires, il est apparemment peu probable, selon un contact syndical, que les discussions aboutissent dans l’état actuel des négociations.

Luc Martin, représentant CNE chez Brussels Airlines confirme. "Les conditions sont pires que ce qu'on imaginait. C'est un véritable hold-up sur nos salaires.Ils sont tous revus à la baisse, au premier barème. Il y a une prime à la fin de l'année, mais elle est taxée davantage. Et de toute façon on y perd au niveau des congés maladies par exemple, puisque qu'on est payé par rapport à notre salaire mensuel. On y perd aussi par rapport à la pension. C'est une vraie catastrophe. C'est une machine de guerre qui est mise contre nous", affirme-t-il.