Economie Les six magasins du groupe semblent plus menacés que jamais.

Malgré une stratégie revue il y a un peu plus de deux ans et 61 millions d’euros d’investissements, la sauce ne prend toujours pas chez Makro. En se focalisant sur deux types de clients, les particuliers et les professionnels du secteur de la construction/rénovation et de l’aménagement du jardin et en misant également sur l’Horeca, l’enseigne n’a visiblement pas réussi à inverser la tendance et le chiffre d’affaires des six magasins belges ne cesse d’afficher d’inquiétantes baisses.

L’heure est au bilan et à moins de voir les actionnaires injecter rapidement de l’argent, les heures de Makro semblent définitivement comptées.

Ce mardi, jour de grève nationale, les travailleurs ont débrayé, à la fois pour soutenir le mouvement national visant à revoir la limitation de la hausse salariale, mais aussi pour manifester contre leurs propres conditions de travail et le recours massif à des travailleurs intérimaires ne laissant rien augurer de bon pour l’avenir.

Le délégué syndical Luc Buys du syndicat BBTK s’inquiétait de la situation dans les colonnes de nos confrères de Gazet van Antwerpen.

"La charge de travail est très élevée. Lorsqu’un employé fixe part à la retraite ou est malade durant une longue période, il est remplacé par un intérimaire. Fin janvier, 82 des 280 membres du personnel à Deurne (près d’Anvers) avaient un contrat d’intérimaire ou un statut d’étudiant. Certaines personnes chez Makro ont un contrat d’intérim depuis plus de deux ans."

À Deurne, au moins 65 employés seraient malades depuis plus d’un mois. Makro conteste ces chiffres : "37 des 280 personnes travaillant à Deurne ont un contrat d’intérim. 40 personnes sont malades depuis plus d’un mois, dont onze ont progressivement repris le travail ou ont pris un crédit-temps."

Le concept actuel de Makro, malgré les retouches apportées à la stratégie, est plus que jamais remis en cause. À moins d’un virage à 180 degrés et d’un effort d’investissements de l’actionnariat, c’est tout simplement la survie de l’enseigne qui est remise en cause.