Le ministre wallon de l’Économie Jean-Claude Marcourt doit trouver des repreneurs

LIEGE “C’est un jour noir pour l’économie belge. Il s’agit d’une totale trahison d’un groupe qui traite ses travailleurs et les gouvernements comme des quantités négligeables.” C’est avec ces mots que le ministre wallon de l’Économie, Jean-Claude Marcourt (PS), visiblement ému, commence sa conférence de presse suite à l’annonce d’ArcelorMittal de fermer sept lignes de production entraînant 1.300 pertes d’emplois.

“Le gouvernement wallon m’a chargé de trouver un repreneur sur tout ou sur une partie des activités du groupe et voir s’il est possible de trouver un avenir pour le bassin industriel liégeois. Je compte profiter du délai imposé par la phase 1 de la loi Renault” , poursuit le ministre Marcourt qui affirme également que la confiance avec ArcelorMittal était complètement rompue. “Nous l’avons indiqué ce matin à la direction. Je rappelle que nous n’avons jamais donné de subsides à cette entreprise. Depuis 10 ans, je dis que les investissements nécessaires n’ont pas été réalisés. La crise n’a été que le coup de grâce. D’autres lignes auraient pu avoir le même statut que les cinq qui restent si les investissements avaient été réalisés. Lorsque je vois la manière dont ce groupe est géré, je me dis que des gens ont préparé la fin de la sidérurgie à Liège.”

Pour Jean-Claude Marcourt, ArcelorMittal devra payer la dette environnementale. “Mais je veux aller au-delà, sans donner de chiffres plus précis.” Le ministre wallon de l’Économie ne veut, pour l’instant, pas entendre parler de nationalisation : “J’ai eu un contact avec mon homologue français Arnaud Montebourg. Je compte voir avec lui comment nous pouvons envisager une riposte au niveau européen. Nous sommes aux côtés des travailleurs” , a conclu Jean-Claude Marcourt en précisant encore que le Premier ministre, Elio Di Rupo, devait rencontrer Lakshmi Mittal à Davos hier après midi.

Il lui a fait part du “mécontentement très fort” des gouvernements fédéral et wallon et lui a demandé de revoir sa position. Il lui a également demandé de maintenir le contact avec le gouvernement wallon.

À ce stade, Elio Di Rupo considère cependant que “les portes sont fermées” . Elio Di Rupo, qui a rappelé les efforts déjà consentis tant par les travailleurs que par les pouvoirs publics, a demandé au patron du groupe sidérurgique de refaire passer les “lignes flexibles” , menacées de fermeture, dans son core-business en les requalifiant en lignes principales. À défaut, il lui a demandé de permettre au gouvernement wallon de trouver un repreneur pour ces lignes.



© La Dernière Heure 2013