Une convention collective de travail (CCT) chez GSK Belgique prévoyant le licenciement de 386 cadres a été acceptée dans son ensemble, apprend-on ce vendredi. “La majorité des syndicats ont accepté. On attend juste une dernière signature mais la clôture de la procédure Renault est actée”, signale la porte-parole de l’entreprise.

386 personnes impactées

Selon un sondage effectué auprès de ses membres, le Setca, syndicat majoritaire au sein de l’entreprise, annonce pour sa part que 89 % des membres ont approuvé le plan qui vise donc les 4 000 cadres de l’entreprise. “Un vote représentatif car le taux de participation était élevé”, nous signale Ludovic Calonne (Setca). Un chiffre également avancé par une autre source en interne.

“Malheureusement, cela fait toujours 386 personnes impactées (sur les 720 annoncées au début par la direction, NdlR) mais différents processus sont mis en place pour diminuer ce chiffre”, ajoute-t-il. Parmi eux, le fait que 100 personnes pourront postuler en interne à d’autres postes mais également des postes ouverts à l’international où les cadres en questions seraient privilégiés.

“Les licenciements volontaires pourront diminuer l’impact. On espère descendre en dessous de 200 licenciements secs. Mais arriver à zéro est utopique”, ajoute le syndicaliste.

Pendant la procédure Renault, les syndicats ont négocié le départ volontaire de 98 ouvriers, qui n’étaient pourtant pas concernés par le plan social de l’entreprise. La manœuvre avait pour but d’éviter des licenciements liés à une future restructuration.

Avec ses plus de 9 100 travailleurs, GSK Belgique est le plus gros employeur privé de Wallonie mais Ludovic Calonne craint que l’entreprise perde sa place sur le podium. “Je ne suis pas très optimiste. Le visage de GSK Belgique va changer dans les décennies qui viennent”, dit-il.

Les adjuvants à l’éventuel vaccin contre le Covid-19 seront fabriqués dans les sites wallons de GSK. “Cela va nous apporter un peu de travail pendant un temps mais ensuite, c’est un gros point d’interrogation. Quand je vois la conjoncture socio-économique de l’entreprise, on va, je crois, vers une procédure Renault bis dans les cinq ans”, avance Ludovic Calonne.

“Des discussions constructives”

“Je suis heureux que, grâce à la collaboration fructueuse avec les organisations syndicales, nous puissions réduire considérablement le nombre de licenciements prévus pour la transformation de l’entreprise. Des discussions constructives ont eu lieu tout au long du processus, malgré la pandémie. GSK prend ses responsabilités envers ses collaborateurs très au sérieux”, avait déclaré Patrick Florent, directeur général de GSK Belgique, dans un communiqué lorsque le préaccord avait été conclu mercredi.

Enfin, malgré les implications de GSK dans le développement de vaccins, principalement pour ce qu’on appelle les adjuvants, et la recherche dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, la stratégie à long terme en Belgique dans ce domaine pourrait peut-être être remise en question, nous dit-on en interne.