La Société wallonne des aéroports (SOWAER) gère et finance, depuis vingt ans, les infrastructures aéroportuaires de Liège et de Charleroi qui sont, comme le dit Nicolas Thisquen, président du comité de direction, « la porte d’entrée de la Wallonie sur le monde. Nous avons deux magnifiques outils économiques, entourés de tout un écosystème. Notre ambition : développer ces deux accès wallons au monde en termes de commerce, d’échanges humains, de culture. »

Pour la SOWAER, ce développement doit tenir compte des aspects sociaux et environnementaux. On sait bien que les avions font du bruit et polluent – même si c’est de moins en moins le cas -, on sait qu’un aéroport prend de la place, mais « notre ambition est de faire en sorte que ces plateformes aéroportuaires wallonnes soient les plus durables possibles », souligne M. Thisquen.

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La durabilité dans l’ADN

Ces principes sont présents depuis la création de la SOWAER par le gouvernement wallon en 2001 : accompagner les défis environnementaux des deux aéroports wallons est dans son ADN. « Nous avons vingt ans cette année, et depuis lors, on fait déjà du durable », souligne le Président, qui rappelle le principe du modèle wallon : un euro injecté dans les infrastructures égale un euro dépensé en matière d’accompagnement environnemental ».

Il ne peut y avoir de politique environnementale sans objectivation des nuisances. Raison pour laquelle, sous l’égide de la SOWAER, seize sonomètres ont été placés aux environs de Liège Airport, et autant à BSCA… Enfin, seize plus un, ce dix-septième équipement accompagnant les travaux d’allongement de la piste carolorégienne. « L’une des charpentes de l’édifice du suivi environnemental », ce réseau, appelé Diapason, exerce un monitoring au niveau des trajectoires des avions et des ondes sonores qu’ils émettent. Les données obtenues sont désormais disponibles en ligne sur le site web de la SOWAER avec un replay possible jusqu’à un mois, le but étant de « donner en totale transparence ce suivi environnemental. »

Réponse aux nuisances en trois temps

D’un point de vue social, le fonctionnement et l’évolution d’une zone aéroportuaire pouvant générer des nuisances parfois difficilement supportables pour les riverains, la SOWAER dispose de trois outils pour y remédier.

Le premier, c’est la faculté, pour les riverains, de se faire racheter leur maison si l’environnement sonore devenait insupportable. La Société wallonne des aéroports a des budgets pour cela. À ce jour, elle a racheté quelque 1600 immeubles, qui sont soit démolis, les terrains étant réaffectés en zone d’activités économiques en lien avec les activités aéroportuaires, soit préservés, entretenus, améliorés et reloués à des personnes, en toute connaissance de cause. Il y a une vraie demande, ces édifices trouvant rapidement preneur, sans qu’il ne faille les confondre avec du logement social : « Cela va de la maison ouvrière à deux façades, à la villa quatre façades, en passant par l’immeuble de rapport », explique Nicolas Thisquen.

S’il n’y a pas lieu de racheter le bien, la SOWAER peut prendre en charge les travaux d’isolation sonore chez certains riverains ou, chez d’autres, donner des subsides afin qu’ils améliorent eux-mêmes les performances acoustiques de leur habitation.

Afin d’évaluer chaque situation, la SOWAER évolue dans le cadre d’un Plan d’exposition au bruit, basé sur le trafic aérien estimé à moyen terme, révisé tous les trois ans, et un Plan de développement à long terme fixant les limites maximales d’expansion de l’activité aéroportuaire. Une cartographie est ainsi établie autour des installations de Liège et de Charleroi.

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Réalité économique, bénéfices sociaux et environnementaux

Bien sûr, Charleroi et Liège ne sont pas isolés mais, avec Maastricht, Lille, Cologne, Paris et Zaventem, « nous sommes dans un environnement concurrentiel extrêmement fort, en lien avec les besoins des compagnies aériennes, des logisticiens et des industriels, c’est une réalité économique », souligne Nicolas Thisquen.

Pour y répondre, le premier défi de la SOWAER est de continuer à investir, notamment par l’allongement de la piste de l’aéroport de Charleroi de 2.550m à 3.200m ou encore le développement de zones d’activités économiques aux abords de l’aéroport de Liège pour accueillir de nouveaux investisseurs. Un autre défi de taille également est la construction d’un centre de tours de contrôle numériques, dont le projet est à l’étude, et qui aura indéniablement un impact social et environnemental favorable.

« Nous rêvons d’aéroports de demain qui soient durables », conclut Nicolas Thisquen.

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