Le SNI croule sous les plaintes d’indépendants qui s’estiment discriminés.

Entre les primes et les aides touchées par les indépendants en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie, il y a parfois un grand écart. "Nous avons reçu énormément de plaintes à ce sujet", pointe Christine Mattheeuws, présidente du SNI. "Parfois la situation est ubuesque car certains indépendants ont leur siège en Wallonie et leur commerce en Flandre. Chaque Région a adopté son système d’aide et cela crée bien évidemment des différences de traitement entre les indépendants alors que tous ont été frappés de la même manière."

Ce que regrette aussi le SNI, c’est la décision prise par le CNS d’interdire aux commerçants d’ouvrir ou les obligeant à reprendre en respectant des mesures qui sont les mêmes pour tous, alors que les aides sont loin d’être équivalentes ou équitables.

"Au départ, on a reçu beaucoup d’appels de nos membres flamands. Ils se plaignaient de ne recevoir qu’une prime de 4 000 € alors que les Wallons percevaient 5 000 €. Mais, au final, ce sont les Flamands qui sont les plus avantagés car ils reçoivent, outre la prime unique, une indemnité de 160 € nets par jour de fermeture. La différence est donc clairement à leur avantage par rapport aux Wallons et aux Bruxellois."

Et, en matière de rapidité de traitement des demandes, là aussi les régions ne sont pas sur un pied d’égalité. "En Flandre, on a décidé d’octroyer rapidement les primes et d’effectuer toutes les vérifications par la suite. En Wallonie et à Bruxelles, cela ne s’est pas passé comme ça et l’administration a pris le temps de tout vérifier avant d’octroyer les primes. Or, les indépendants avaient un besoin vital de cet argent. Certains n’ont d’ailleurs toujours pas touché ces aides."

Pour Christine Mattheeuws, il est impératif de tirer les leçons de cette différence entre régions. "Quand une crise comme celle que nous vivons frappe le pays, il est important de se montrer solidaire. Mais, une fois de plus, on constate que les niveaux de pouvoir de notre pays ne facilitent pas la tâche et mènent à des dérives. Il est important que nous ayons rapidement un gouvernement pour mettre en place un plan de relance qui, cette fois, sera le même pour tous. Et si par malheur nous devions revivre une telle situation, qu’on ne dresse pas à nouveau le même constat et que certains indépendants ne soient pas à nouveau discriminés."