Au coeur de ce vieux conflit: la location d'un jet par Challengair à Air Namibia en 1998, juste avant la faillite de la compagnie belge.

Constatant que l'appareil, un Boeing 767-300, était défectueux, Air Namibia a souhaité annuler le contrat de leasing, mais la faillite de Challengair venait d'être prononcée. La compagnie belge prétend pour sa part que l'avion lui a été rendu endommagé.

S'en est suivie une bataille judiciaire de longue haleine entre Air Namibia et le curateur de Challengair, l'avocat bruxellois Anicet Baum, chargé de liquider la compagnie belge. En 2008, un tribunal de Londres a jugé que la compagnie namibienne devait payer 25 millions d'euros à l'ancienne compagnie belge. Un jugement confirmé par deux tribunaux d'arbitrage (Paris en 2011 et Munich en 2015).

Depuis lors, le curateur Baum tente de récupérer "ses" deniers. Plusieurs accords ont été passés avec Air Namibia pour échelonner les paiements, mais les versements traînent, amenant les Belges à commencer à saisir des biens de la compagnie namibienne en Europe.

En octobre 2020, l'avocat de Challengair en Namibie a demandé la liquidation d'Air Namibia à la Haute Cour locale, arguant que la liquidation était dans l'intérêt du public au vu de sa "profonde insolvabilité commerciale", comme le raconte le site d'informations aéronautiques CH-Aviation.

Un accord entre les deux parties aurait désormais été trouvé pour un montant de 9,9 millions d'euros dont le premier versement doit avoir lieu le 18 février, selon le site suisse.

La liquidation d'Air Namibia devrait être prononcée prochainement. Outre le différend belge, Air Namibia est victime depuis des années de sérieux trous d'air financiers, aggravés par la fermeture des frontières aériennes due à la pandémie de coronavirus. La compagnie a été fondée il y a 75 ans et emploie plus de 600 personnes.

Contacté par l'agence Belga, Me Anicet Baum n'a pas souhaité s'exprimer sur l'affaire.

Derrière Challengair SA, on retrouve l'homme d'affaires bruxellois Aldo Vastapane, qui détenait au moment de la faillite quelque 38% de la société, selon le journal 'De Tijd', qui a mené l'enquête fin 2019.