La fortune cumulée des neuf nouveaux milliardaires atteint les 19,3 milliards de dollars. Parmi eux, on trouve Stephane Bancel, le CEO de Moderna dont la fortune est à ce jour estimée à 4,3 milliards de dollars. Ce Marseillais d'origine est diplômé en génie chimique et biomoléculaire de l'École centrale Paris, et titulaire d'un Master of Business Administration (MBA, gestion de l'entreprise) de la Harvard Business School. Il intègre le monde pharmaceutique dès 1995 en devenant directeur marketing et vente de la société française de diagnostic médical BioMérieux, avant de rejoindre le groupe Eli Lilly and Company. Il commence à diriger Moderna en 2011, et c'est en 2020 que ses parts dans l'entreprise (9 %), avec les essais humains de phase 2 pour le vaccin anti Covid-19, lui font franchir le cap du milliard de dollars de fortune personnelle.

Timothy Springer, immunologiste et cofondateur de Moderna, a aussi intégré le classement des milliardaires en dépassant les 2,2 milliards de dollars de fortune personnelle. Ce professeur de biologie et de pharmacologie moléculaire à la Harvard Medical School depuis 1977, possède aujourd'hui 3,5 % du capital de l'entreprise. Dans le cadre de ses recherches, il a découvert des molécules associées à la fonction des lymphocytes, ce qui a permis de développer plusieurs médicaments à base d’anticorps approuvés par la Food and Drug Administration (FDA). Timothy Springer a fondé la société de biotechnologies LeukoSite en 1993, revendue à Millennium Pharmaceuticals six ans plus tard pour 635 millions de dollars. Il a été l’un des premiers investisseurs de Moderna en 2010, avec environ 5 millions de dollars d’apport. Aujourd’hui, son investissement initial s’élève à près de 870 millions de dollars.

Noubar Afeyan est un entrepreneur, inventeur et philanthrope arméno-américain, également cofondateur de la société de biotechnologie Moderna. Sa fortune s'élèverait à ce jour à 1,9 milliards de dollars. Il est l'auteur de nombreux articles scientifiques en génie biochimique et a fait breveter plus de 100 inventions. Entre 2000 et 2016, il a été maître de conférences à la Sloan School of Management du MIT et enseigne depuis 2020 à la Harvard Business School. Depuis 1987, Noubar Afeyan a fondé ou cofondé plus de 50 start-up dans le domaine des sciences de la vie et des technologies. Il est également le fondateur et PDG de Flagship Pioneering, société de capital-risque qui aurait "favorisé le développement de plus de 100 entreprises scientifiques, pour une valeur totale de 30 milliards de dollars, plus de 500 brevets et plus de 50 médicaments en développement clinique". En 2009, Afeyan investit pour la première fois dans Moderna et en possède aujourd'hui plus de 2 millions d'actions.

Robert Langer est le quatrième grand pilier de l'entreprise Moderna. Né en 1948 dans l'Etat de New York, l'homme est une véritable légende du secteur de la biotechnologie. Au fil de sa carrière, commencée après des études au prestigieux MIT, il a empilé les distinctions (220 major awards à son actif) pour ses travaux et ses découvertes, déposant plus de 1 000 brevets à l'échelle mondiale et quelque 1 400 publications scientifiques. En 2010, il est également l'un des premiers investisseurs de Moderna. Un (nouveau) choix payant pour cet homme de science, qui a également collaboré au développement d'autres traitements, notamment contre le cancer. Sa fortune actuelle est estimée à 1,6 milliard de dollars.

Juan Lopez Belmonte, actuel patron du laboratoire pharmaceutique ROVI, peut également remercier Moderna. L'entreprise madrilène a en effet conclu un accord pour prendre en charge le conditionnement des vaccins de Moderna. Une opération en or qui lui permet aujourd'hui d'être en possession d'une fortune estimée à 1,8 milliard de dollars. L'entreprise est détenue à 60 % par M. Belmonte et ses deux fils. Outre ROVI, il est également président d'autres entreprises actives dans le même secteur, certaines étant d'ailleurs des filiales de ROVI, comme Alentia Biotech SLU.

Uğur Şahin et sa femme Özlem Türeci, ont fondé BioNTech en 2008. © Belga Image

De son côté, Uğur Şahin est le CEO de BioNTech, dont la fortune est d'environ 4 milliards de dollars. D'origine turque, il travaille à l'identification et à la caractérisation de molécules cible pour différents types de cancers, et enseigne l'oncologie depuis 2006 dans une clinique médicale de l'université Johannes-Gutenberg de Mayence. Il a créé en 2001 avec son épouse Özlem Türeci une première société Ganymed Pharmaceuticals, qui développe un anticorps utilisé contre le cancer de l'œsophage et de l'estomac, et revendue pour 1,4 milliard de dollars en 2016. Entre-temps, c'est en 2008 qu'il a fondé, également avec son épouse, la société de biotechnologie BioNTech dont il détient aujourd'hui 18 %. Uğur Şahin s'est appuyé sur les recherches antérieures de la biochimiste hongroise Katalin Kariko, pour concevoir le vaccin Pfizer-BioNTech contre le Covid-19, premier vaccin de ce type à être homologué aux États-Unis. Il aurait conçu ce vaccin en l'espace d'un week-end en janvier 2020...

La Chine pas en reste

Une autre grande entreprise a également su tirer son épingle du jeu pendant la crise du Covid-19 : CanSino Biologics, fondée en 2009 à Tianjin (Chine). L'entreprise est parvenue à commercialiser un vaccin, dont le fonctionnement est similaire au AstraZeneca, commercialisé en Chine, au Pakistan, au Mexique, au Chili et en Hongrie. Son cofondateur et chef du département scientifique depuis 2009 est Zhu Tao. C'est donc lui qui fut en charge de la recherche et du développement (fructueux) d'un vaccin contre le coronavirus. Diplômé en sciences biologique et technologiques de la Tsinghua University et détenteur d'un doctorat en ingénierie chimique de l'Université de Pittsburgh, ce scientifique de 46 ans a par le passé œuvré à trouver un vaccin au virus Ebola. Sa fortune personnelle est estimée à 1,3 milliard de dollars.

En plus de M. Tao, l'entreprise a été cofondée par deux autres hommes, dont Qiu Dongxu. Depuis plus de dix ans, il est directeur exécutif et vice-président, et est en charge de la stratégie et du développement de CanSino. Après avoir obtenu un Master of Business Administration (MBA, gestion de l'entreprise) à la University of Western Ontario au Canada, il a travaillé dans plusieurs entreprises du secteur pharmaceutique avant de fonder la sienne. Aujourd'hui, il pèse plus d'1,2 milliard de dollars.

La troisième et dernière personne derrière CanSino est une femme : Mao Huinhoa. Elle a obtenu un master et un doctorat en ingénierie chimique à la Chinese Academy of Sciences. Une formation qu'elle a notamment complétée par un MBA en 2010 après avoir cofondé son entreprise. Aujourd'hui, elle occupe également le poste de vice-présidente et responsable des affaires internationales. A son tour, elle a atteint la barre symbolique du milliard de dollars en fortune personnelle.