Proximus, qui a annoncé la fermeture de ses points de vente dès lundi à cause du coronavirus, a également publié une révision à la hausse de ses prévisions pour l'ensemble de l'année 2020 après avoir enregistré, au troisième trimestre, "de solides résultats financiers" et "une excellente dynamique commerciale".

Bien que le groupe s'attende à un quatrième trimestre "plus rude", il estime désormais pouvoir clôturer l'année 2020 "sur un ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement, NdlR) sous-jacent moins capex (dépenses d'investissements, NdlR) d'au moins 830 millions d'euros", contre entre 780 et 800 millions attendus précédemment.

"Alors que la situation sanitaire est alarmante, nos activités ont bien résisté. Nous avons enregistré d’excellents résultats pour le troisième trimestre. Je suis particulièrement fier de la forte croissance de notre base clients, témoin de nos efforts continus en termes de satisfaction client et d'image de marque. Sous la marque Proximus, nous observons une solide dynamique commerciale dans le segment Consumer, boostée par Flex, notre nouvelle offre convergente lancée le 1er juillet 2020. Cette offre extrêmement flexible, personnalisée selon les besoins de chaque membre de la famille, a accéléré la croissance de notre base de clients convergents. De son côté, notre marque Scarlet continue à séduire de plus en plus de clients en proposant l'offre d’entrée de gamme la plus attractive pour les consommateurs les plus sensibles aux prix", commentait Guillaume Boutin, le CEO de Proximus.

Au niveau commercial, Proximus faisait état, au 30 septembre 2020, de 2,12 millions d'abonnés à l'internet fixe (+2,1% en glissement annuel), de 1,66 million de clients TV (+1,8%) et de 4,23 millions de clients mobiles "postpaid" (+3,7%). Le nombre total de lignes voix fixe s'élevait quant à lui à 2,27 millions (-6,8% en glissement annuel).

Proximus a enregistré au troisième trimestre un chiffre d'affaires sous-jacent de 1,37 milliard d'euros, en baisse de 2,8% par rapport à la même période de 2019. L'ebitda sous-jacent s'affiche stable, à 469 millions d'euros (-0,2%).

Dividende: 1,20€ par action

L'opérateur télécoms confirme par ailleurs sa volonté de verser un dividende annuel brut de 1,20 euro par action sur les résultats 2020, 2021 et 2022, "ce montant étant à considérer comme un plancher." Le conseil d'administration a approuvé le versement, le 11 décembre prochain, d'un dividende intérimaire brut de 0,50 euro par action.

Les annonces de ce matin ont dopé l'action, qui a pris plus de 7% à la Bourse de Bruxelles, ce qui permet de remonter légèrement la pente négative de ces six derniers mois.


Mesures d'entraide

L'opérateur, qui a confirmé un accord définitif avec Eurofiber pour le développement de son réseau fibre et qui compte 400.000 foyers connectés à cette technologie, a par ailleurs annoncé des mesures de solidarité pour faire face au Covid-19.

"Nous offrons une réduction de 150 euros pour tous ceux qui, dans le secteur Horeca, n'utilisent pas leur établissement. Nous offrons également 10GB de data à chaque membre du personnel médical. C'est un petit geste mais ça leur permettra de ne pas penser à cette question", a déclaré Guillaume Boutin, qui a également annoncé soutenir le milieu culturel en diffusant les contenus sur leur plateforme Picx.

Pour les étudiants, la marque propose de "supprimer les limites de téléchargements pour les produits fixes chez tous les clients résidentiels, pour pouvoir continuer d'apprendre ainsi que donner des codes d'accès wifi gratuits" dans l'espace public.

Déménagement et télétravail renforcé

Enfin, Proximus a laissé entendre qu'un éventuel déménagement du siège social (la "tour Proximus" située au Boulevard du Roi Albert II) serait possible afin de réduire les coûts environnementaux et économiques.

"Notre mode de travail ces derniers mois a été particulièrement affecté par le Covid-19. Cette crise nous incite à remettre fondamentalement en question nos habitudes quotidiennes et le rôle de notre siège social et de nos bureaux physiques dans toute la Belgique. Pour préparer Proximus au futur, nous lançons un programme pluriannuel axé sur l'environnement de travail, avec pour objectif d’instaurer une nouvelle dynamique : faire du télétravail la norme au-delà de la crise du Covid-19 et adapter nos bâtiments pour faciliter principalement les contacts interpersonnels et les réunions. Pour soutenir cette vision, nous allons évaluer le meilleur scénario d’un point de vue immobilier pour créer, à Bruxelles, un vrai "Campus Proximus" : plus petit, plus vert, et mieux adapté à la collaboration et aux contacts formels ou informels. Ce projet nous permettra par la même occasion de réduire considérablement notre empreinte carbone tout en bénéficiant d'avantages financiers", a ajouté Guillaume Boutin.

Le CEO a également annoncé que le télétravail sera désormais la norme, même après le Covid-19. Les bureaux avec postes individuels appartiennent donc au passé. Les employés pourront toujours se rendre sur le site mais dans l'optique d'optique de favoriser les collaborations, "ce que le digital ne peut pas", a-t-il conclu.