Le verdict de Ryanair est tombé: 44 pilotes devraient être licenciés et 40 membres du personnel de cabine également, sur les 450 personnes employées par l’entreprise en Belgique. C’est ce qu’on apprend auprès du syndicat chrétien CNE ce jeudi. La procédure Renault sur les licenciements collectifs devra donc être lancée.

Didier Lebbe, permanent syndical de la CNE, estime que cette procédure Renault est indispensable, car Ryanair voulait de toute façon licencier du personnel. “Au moins, cette procédure permet de protéger le personnel, de défendre le droit des travailleurs”.

Du côté du Beca (Belgian Cockpit Association), les pilotes espéraient encore pouvoir échapper pour le moment aux licenciements, “puisqu’une partie du personnel reste en chômage économique pour le moment”, et continuer à négocier. En vain.

"C'est du délire"

Pour rappel, les pilotes avaient accepté les réductions de salaire mais avaient trois demandes. Premièrement, que les problèmes de paiement du chômage causés par les "erreurs" des services administratifs de Ryanair depuis trois mois soient définitivement réglés, y compris les arriérés. Deuxièmement, que le principe de l'indexation annuelle soit maintenu au travers de la crise. Et troisièmement que les efforts salariaux du personnel soient suspendus si l'entreprise décide de redistribuer les profits à ses actionnaires d'une quelconque manière. Des exigences que Ryanair n'a jamais voulu prendre en compte, selon le Beca.

"C'est du délire. Ça fait trois mois que ça dure et que Ryanair ne règle toujours pas certains paiements. Pourtant, on a accepté la plupart de leurs exigences", déclare Alain Vanalderweireldt, le président de l'association de pilotes. "De plus, Ryanair semblait vouloir lancer une procédure Renault pour les pilotes et une pour le personnel de cabine. Ce qui n'est pas possible, ce n'est pas légal. Ils n'y connaissent rien en droit du travail belge. C'est n'importe quoi", ajoute-t-il.

Du côté de la CNE, on exige que les négociations se fassent avec les syndicats. "Ce n'est pas aux associations de pilotes de négocier. Il faut respecter le cadre prévu par la loi. C'est la seule façon de protéger les travailleurs", détaille Didier Lebbe, un peu remonté que Ryanair essaie de négocier avec les associations de pilotes pour contourner les syndicats et ne pas négocier avec l'ensemble du personnel.

Pour rappel, au mois de mai, Ryanair avait annoncé sa volonté de se séparer de 3.000 personnes en Europe à la suite de la crise du coronavirus. Depuis, l'entreprise a conclu plusieurs accords, notamment en Irlande et au Royaume-Uni, sur une réduction des salaires afin de préserver les emplois. Reste à voir si cela sera suffisant, tant que la crise n'est pas terminée. La compagnie low-cost compte en tout cas maintenir les prix bas afin de gagner un maximum de parts de marchés. Une concurrence féroce donc pour les autres compagnies mais qui pèsera sur les finances de l'entreprise irlandaise.