Réaction à chaud du patron en Belgique

BRUXELLES "Mes collègues continuent de travailler comme à l'ordinaire. Ils n'ont pas changé leurs habitudes quotidiennes. Je vous avoue que je n'ai pas fait le tour des bureaux ou arpenter les couloirs pour sonder le personnel." Yves Verschueren, responsable du groupe, ne nous dira rien de plus sur la réaction de ses employés à l'annonce de la nouvelle. Par ailleurs, il ne nous dira rien de plus sur la décision en elle-même.

Ayant fait le déplacement jusqu'à Unilever, il prend néanmoins dix minutes de son temps pour nous accueillir mais c'est peine perdue pour lui arracher le moindre commentaire. Bien que conscient que cette décision concernera, pour l'instant, quelque 200 emplois dans sa filiale, le patron belge maintient son mutisme. Clairement muselé par la direction à Rotterdam, il nous invite poliment à prendre contact avec celle-ci : "Je suis assailli par la presse depuis l'annonce mais je dois lui répondre invariablement la même chose. Seule la direction à Rotterdam pourrait vous renseigner. Néanmoins, si j'obtiens l'autorisation de relayer l'information adéquate d'Unilever Pays-Bas, je le ferai volontiers. Actuellement, je suis réellement dans l'impossibilité de le faire".

Un tel événement doit certainement chambouler l'agenda du comité de direction actuel. De fait, une réunion avec les managers qui occupent une position clé est prévue ce mercredi midi : "Je rencontre effectivement les responsables des départements marketing, ventes, finances, logistiques et bien entendu le directeur des ressources humaines. Je suis désolé mais je ne peux rien vous dire de plus".

Que ce soit en pénétrant dans le bâtiment ou lorsque nous nous dirigeons vers la sortie, une chose nous frappe : curieusement, il n'y a vraiment rien qui laisserait transparaître cette annonce. Même le personnel rencontré au hasard de notre visite n'a pas l'air plus préoccupé que cela et il n'y a aucun rassemblement devant le bâtiment. Seul clignotant : le standardiste relaye régulièrement, sous les instructions de la direction, les appels téléphoniques de la presse avec le responsable de la communication.

Quant aux syndicats, eux aussi sont dans l'expectative d'informations provenant de la direction.



© La Dernière Heure 2007