L'entreprise bruxelloise a posé la première pierre d'un nouveau bâtiment ce matin à Shanghaï, en présence de la princesse Astrid. Sa CEO en a profité pour rappeler l'importance de l'implantation de Solvay en Chine.

Cérémonie très officielle, ce matin au siège chinois de Solvay, à Shanghaï. La première pierre du quatrième bâtiment du campus Solvay a été posée en présence de la princesse Astrid, du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, du secrétaire d’État bruxellois Pascal Smet, du vice-maire de Shanghaï et de la CEO de Solvay Ilham Kadri. La société bruxelloise fêtait dans le même temps ses 40 années de présence en Chine. Elle emploie 260 personnes dont 160 chercheurs à Shanghaï de huit nationalités différentes, a signé une trentaine de partenariats avec des universités et académies chinoises. Sans oublier une collaboration permanente avec le CNRS français ou d’autres universités françaises de pointe telle que celle de Poitiers, en avance sur son temps en matière de recherche sur la biomasse.

Cette présence depuis quarante dans l’empire du milieu est primordiale pour un développement à long terme sur le marché chinois si l’on en croit un cadre de l’entreprise. "La Chine a toujours été un marché stratégique pour nous. Solvay y est présent depuis le début. Nous y avons créé de nombreux liens et nos relations avec le gouvernement chinois sont excellentes", se réjouit-il. Aujourd’hui, Solvay Chine pèse 11 % du chiffre d’affaires global du groupe bruxellois, soit 1,1 milliard d’euros.

Selon la CEO de Solvay Ilham Kadri, la Chine a pris un virage important vers le développement durable. "La Chine dispose de la plus grande flotte de voitures électriques au monde", explique-t-elle. "La Chine a fait du développement durable, de la qualité de l’air, de l’eau des enjeux majeurs pour son pays depuis plusieurs années déjà. Nous l’aidons en matière de recherche d’électrification, de car mobility, de dépollution de l’air et de l’eau également. Leur motivation sur ce sujet fait élever les standards et c’est une bonne chose pour nous, qui sommes à la pointe dans ces domaines."

Témoins, ce laboratoire de recherche installé sur le campus Solvay travaille en ce moment sur une batterie capable de stocker l’énergie dans des molécules. "Plus durables que les batteries lithium, plus efficaces également, ces batteries sont destinées au marché de l’éolien, du photovoltaïque et des autres énergies renouvelables. On devrait les voir apparaître sur le marché mondial d’ici 5 ou dix ans au plus tard", explique Stéphane Streiff, directeur du laboratoire.

La Chine deviendra-t-elle le leader mondial en matière de renouvelable d’ici quelques années ? "L’Europe est, quelque part, une icône en matière de développement durable", analyse Ilham Kadri. "Elle est à la pointe et c’est une grande fierté pour nous. Mais les gens qui méconnaissent la Chine doivent savoir que la Chine est en train de devenir la première puissance verte de demain." Les Européens sont prévenus.