Economie L’unique concurrent de bpost se bat pour survivre sur le marché.

Depuis 2011, bpost n’est plus la seule entreprise présente sur le marché de la distribution de courrier en Belgique. Si le leader du marché garde la main sur une grande partie de la demande, TBC-Post ne se laisse pas faire.

Installée à Zaventem, la société fait le nécessaire pour être reconnue, quitte à passer par la voie de la justice.

En 2017, TBC-Post a mis plusieurs dizaines de communes belges en demeure car elles ne passaient pas par des marchés publics pour acheter les services et fournitures d’un distributeur de courrier. Par habitude, bpost était toujours engagé.

Si la plupart des communes ont accepté de négocier avec TBC-Post pour se mettre en conformité mais aussi dédommager la société, d’autres se retrouvent aujourd’hui devant les tribunaux. "Depuis deux ans, les choses avancent mais on sait que la justice est lente en Belgique, sourit Thierry Brugma, CEO de TBC-Post. Nous avons déjà eu une première décision favorable pour Ciney. La faute de la commune a été reconnue et c’est très important pour nous. Le seul problème, c’est que nous estimions le préjudice à 30 000 euros alors que la décision de justice nous octroie un dédommagement forfaitaire de 2 500 euros."

Toujours est-il que ce jugement a poussé d’autres communes à entamer des négociations pour ne pas risquer une défaite devant les tribunaux. "C’est un grand pas en avant pour nous et nous continuons à nous battre pour avoir une vraie place sur le marché, assure Thierry Brugma. Pour le moment, il faut avouer que c’est difficile. Nous sommes surtout un alibi à bpost et à l’État pour respecter la loi européenne. À côté de cela, nous subissons des pressions, de même que nos clients. Notre unique concurrent est énorme et c’est tout aussi difficile de se faire de nouveaux clients que de les garder."

Bpost est donc plus grand, plus reconnu, mais pas forcément plus attractif financièrement. "Il y a eu un bon exemple qui prouve que nous proposons aussi des formules attractives. Pour le procès concernant la commune d’Ans, la faute a là aussi été reconnue mais le juge ne nous accordait pas de dédommagement sous prétexte que nous n’aurions de toute façon pas obtenu le marché. Quand le même juge s’est penché deux semaines plus tard sur le cas du CPAS d’Ans, nous avons pu prouver que nous pouvions proposer des tarifs tout aussi attractifs, voire inférieurs. Cela a amené le juge a rouvrir le dossier de la commune d’Ans. "

D’autres procès se tiendront dans les mois à venir et concerneront les communes de Waterloo, Jodoigne, Wavre ou encore Ternat. "Tout cela va encore prendre du temps et on ne connaît pas encore les dates des différents procès. "

Pendant ce temps-là, TBC-Post continue son travail dans l’ombre de bpost avec un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros pour l’année 2018, "un chiffre qui devrait doubler en 2019", confie le CEO à la tête d’une entreprise employant 150 salariés.