Si l’inflation moyenne de la Belgique en 2012 est en recul, les prix, dans l’alimentaire et certains services, ont grimpé…

BRUXELLES Le coût de la vie, chaque année un peu plus élevé ? De la discussion de comptoir à l’analyse experte de l’Observatoire des Prix (ICN), qui vient de rendre son rapport annuel pour le cru 2012, il y a un pas. De géant. Mais qui mène, à quelques nuances importantes près, à la même conclusion générale : oui, le sacro-saint panier de la ménagère vaut toujours plus cher. Entre autres.

De manière générale, tout n’est pas noir : en 2012, l’inflation totale en Belgique atteignait en moyenne 2,6 %, contre 3,5 % en 2011. C’est toujours 0,4 % de plus que l’inflation des pays voisins, mais l’écart se réduit.

Pour simple, court mais utile rappel, l’inflation est un phénomène économique (essentiellement monétaire) caractérisé par une hausse continue et générale des prix. Contrairement aux deux années précédentes, en 2012, ce ne sont pas les produits énergétiques qui ont contribué le plus à l’inflation totale en 2012, mais bien le groupe de produits des services. Pas tant par le côté spectaculaire de la hausse de prix qui le frappe que par le poids, très conséquent, de ce poste dans le panier de consommation (près de 40 %).

Voyons tout cela d’un peu plus près…

énergie

Pour ce qui est de l’énergie, le rythme de progression des prix a diminué en Belgique, passant de 17 % en 2011 à 6 % en 2012. “Le consommateur a malgré tout dépensé 6,5 % de plus pour les carburants et 10,1 % de plus pour le mazout de chauffage (contre +27,8 % en 2011)” , précise l’Observatoire. L’électricité et le gaz naturel ont enregistré des hausses respectives de 1,9 % et 8 % en 2012. Le gel de l’indexation à la hausse des prix des contrats variables a ici clairement fait office de barrage à une augmentation plus franche de l’inflation énergétique...

alimentation

Et quid des produits alimentaires ?

En ce qui concerne les produits alimentaires transformés , leurs prix repartent à la hausse (+3,1%), notamment à cause du nouveau renchérissement des matières premières alimentaires sur le marché international. Par ailleurs, l’étude de l’évolution des prix, dans la filière alimentaire, révèle une asymétrie dans le mécanisme de transmission des prix. En cas de fortes hausses des cours des matières premières, les prix des produits alimentaires et du commerce de détail réagissent rapidement et significativement. Ils sont beaucoup moins prompts et francs à diminuer leurs tarifs, en cas de fortes baisses…

Si l’on remonte quatre ans en arrière, de 2008 à 2012, la conclusion est très nette : les prix de l’ensemble des produits alimentaires transformés se sont fortement appréciés. Le consommateur a surtout dû payer davantage pour le sucre, la confiture, le miel, le chocolat et les confiseries (+23,4 %), ainsi que pour les huiles et les graisses (+21,9 %), le tabac (+15,9 %), les autres produits alimentaires (+14,6 %), le pain et les céréales (+14,5 %), les boissons non alcoolisées (+13,0 %), les boissons alcoolisées (+8,3 %) et les produits laitiers (+7,9 %).

Concernant les prix des produits alimentaires non transformés (fruits, légumes, viande, poisson), leur augmentation s’est intensifiée chaque trimestre, et se situait en moyenne à 3,4 %. C’est bien plus que les 0,2 % de 2011… Il faut dire que l’année dernière, le prix à la hausse de la viande et du poisson fut compensé par la baisse de prix des fruits et des légumes. Mais, en 2012, chacune de ces quatre catégories se vend plus chèrement…

services

Principale coupable de l’inflation totale (un point de pourcentage sur les 2,6 de l’inflation moyenne du pays), la catégorie des services est ici décisive. Autant qu’elle est morcelée. Si le rythme de progression des prix s’est accéléré pour les catégories voyages , loisirs et soins corporels , logement et divers , en revanche, la catégorie transports s’est caractérisée par un repli moyen de l’inflation, tandis que la catégorie communication a vu ses prix à la consommation baisser en moyenne par rapport à 2011.

Ceci est essentiellement dû à la nouvelle loi Télécoms et à la baisse des prix des abonnements mobiles induite par celle-ci.



© La Dernière Heure 2013