Economie

"Trop is te veel", a déclaré mardi à Silly le ministre wallon en charge des Aéroports, Jean-Luc Crucke. "Skeyes n'est plus un partenaire en terme de fiabilité", a ajouté le ministre, qui a annoncé la création d'un front wallon "dur et déterminé" des aéroports et de la Sowaer (Société wallonne des aéroports) contre le gestionnaire du trafic aérien. 

"Les aéroports et la Sowaer vont déposer une requête unilatérale pour demander le maintien et la continuité du service et réclamer des astreintes s'il n'est pas assuré. Par ailleurs, le comité stratégique de la Sowaer va être convoqué de manière à lancer une action sur le fond pour réclamer des indemnisations. Les aéroports n'ont pas à subir l'impact causé par Skeyes", a précisé le ministre. "Enfin, une fois que nous aurons reçu l'étude du consultant Pegasus, nous analyserons les alternatives fiables à Skeyes."

"Il n'y a rien de pire que d'avoir un partenaire qui n'est plus fiable", a ajouté le ministre. "Il ne m'appartient pas de me mêler du conflit social chez Skeyes mais d'assurer les réussites des aéroports de Liège et de Charleroi. Nous sommes des clients de Skeyes et cela doit être respecté."

"Skeyes et l'ACV Transcom font durer le conflit. Cela a des conséquences sur les 5.000 personnes qui travaillent à l'aéroport de Liège et sur les opérateurs qui y sont actifs. Et certains opérateurs pourraient envisager d'autres possibilités. La démarche de nous unir est nécessaire. On veut casser le monopole de Skeyes qui est la cause de ce blocage", a ajouté Luc Partoune, CEO de Liege Airport, qui était présent mardi lors de la conférence de presse.

L'aéroport de Charleroi, dont un représentant était aussi sur place, dénonce l'impact "sur le personnel et les passagers frustrés par les grèves à répétition de Skeyes". Cet impact est estimé pour le seul aéroport à 250.000 euros par 24 heures de grève.

Le conseil d'administration de l'aéroport de Charleroi se réunira jeudi pour se prononcer sur ces actions. Celui de Liege Airport sera convoqué dans l'urgence. Le comité stratégique de la Sowaer doit se réunir dans le courant de la semaine.

La fronde s'organise contre Skeyes aussi bien dans les aéroports que chez les compagnies aériennes, dont plusieurs ont lancé des procédures judiciaires.

LACHS, CAL et Brussels Airlines ont obtenu des astreintes du juge en cas d'interruption du service assuré par Skeyes pour les deux premiers cités (250.000 euros par heure d'interruption), en cas de vols annulés, retardés d'au moins une heure ou déviés pour Brussels Airlines (de 10.000 à 20.000 euros par vol).

Selon le journal L'Echo, Brussels Airport, associé à Brussels Airlines et TUI, se tournent désormais vers la justice.

Le conflit social chez Skeyes a débouché dernièrement sur un accord social, signé par le syndicat socialiste mais pas par les syndicats chrétien et libéral. La direction a laissé entendre qu'il n'était pas question de renégocier cet accord mais que la porte restait par contre ouverte pour des détails de sa mise en oeuvre. Une nouvelle réunion est prévue jeudi.