Face à l’inflation galopante et à la détresse sans cesse croissante des Belges qui ne peuvent plus faire face aux augmentations de prix, l’indexation des salaires ne suffit pas. Le pouvoir d’achat des consommateurs est plus que jamais sous pression. Dans le même temps, la Belgique est le pays le plus taxé au monde. Plus de la moitié du coût d’un employé file dans les caisses de l’Etat. Redonner du pouvoir d’achat aux travailleurs passe aussi par un allègement de la fiscalité sur le travail. Mais ce que l’État donne d’un côté, il doit le récupérer d’un autre. L’avis sollicité par le ministre des Finances Vincent Van Peteghem auprès du Conseil Supérieur des Finances en vue d’organiser la réforme fiscale n’est certes pas encore finalisé, mais les fuites révélées par nos confrères de La Libre sont loin d’avoir reçu l’assentiment général.

Dans sa note provisoire, le Conseil Supérieur des Finances planche sur les moyens de revoir la taxation des revenus du travail à la baisse. Concrètement, 3 tranches seraient envisagées au lieu de 3 actuellement. Pour la première tranche allant de 0 à 15 000 €, la taxation s’élèverait à 25 %. Entre 15 001 et 100 000 €, elle grimperait à 40 % et au-delà de 100 000 €, elle passerait à 50 %.

Le citoyen y serait donc gagnant, si la proposition s’arrêtait là. Mais pour financer ce manque à gagner de 5,7 milliards d’euros, le Conseil Supérieur des Finances avance différentes pistes. À commencer par la suppression des chèques repas, la fiscalité particulière des sportifs ou encore la déductibilité fiscale du troisième pilier.

Mais les deux mesures les plus critiquées sont assurément le projet d’augmenter la TVA de 1 % (à 7 ou 22 % selon les catégories de produits). Pour Comeos, ce serait dramatique pour nos commerces. "À l’heure où l’inflation dépasse les 8 %, il est cynique de proposer une augmentation de la TVA à 22 % et 7 %. Les citoyens et les entreprises sont déjà confrontés à de fortes hausses de prix provoquées par le conflit en Ukraine et des problèmes d’approvisionnement au niveau mondial. Demandez à 100 Belges si les prix dans les magasins devraient encore augmenter… je pense que nous connaissons la réponse. Une augmentation de la TVA nous mettrait dans une position encore plus défavorable par rapport à nos pays voisins. En Allemagne, la TVA est de 19 % ; la différence serait ainsi de 3 %. Où les consommateurs belges feront-ils dès lors leurs achats ?"

Côté politique, la pilule ne passe pas non plus. Le chef de groupe PS à la Chambre, Ahmed Laaouej, estime que le projet est "imbuvable". "Qu’on mette le paquet dans la lutte contre la fraude fiscale", poursuit-il, estimant que ce n’est pas aux ménages à financer la réforme fiscale, préférant de loin une taxation des capitaux.

Le MR s’y oppose aussi, jugeant notamment que l’impôt sur le revenu doit se faire de manière plus progressive. Les libéraux estiment que 40 % dès 15 001 €, c’est beaucoup trop. Les Verts, quant à eux, jugent les mesures peu équilibrées, mettant notamment trop peu à contribution ceux qui ont les épaules les plus larges.