Guerre en Ukraine : La paix, même armée, est encore très loin

Un édito d'Alexis Carantonis.

Guerre en Ukraine : La paix, même armée, est encore très loin
©BELGA/IPM

C'est une prise de parole rare, alors qu'on vient de franchir le cap des quatre mois de guerre en Ukraine. Pour la première fois, un puissant oligarque russe a publiquement vilipendé la stratégie russe. "Est-ce dans l'intérêt de la Russie de détruire l'Ukraine ?", a déclaré, lors d'une conférence de presse, l'industriel Oleg Deripaska. "Bien sûr que non, ce serait une erreur colossale", a-t-il poursuivi, faisant usage du terme de "guerre", laissant de côté le recommandé mais hypocrite euphémisme d'"opération spéciale". Dans un pays où toute voix rétive au régime est réduite au silence, à l'exil ou à l'incarcération, cette prise de parole interne est courageuse. Mais elle ne changera rien.

Inéluctablement, le maître du Kremlin se rapproche de son objectif initial : la prise du Donbass. Severodonetsk est sienne, Lyssytchansk tombera, malgré l'incroyable résistance ukrainienne et l'appui matériel occidental. Dans le même temps, l'Otan bombe le torse : l'alliance passera de 40 000 à plus de 300 000 ses troupes à haut niveau de préparation, afin de faire face à la "menace russe". Au Kremlin, toujours la même ligne : on promet une fin de conflit "dans la journée" si l'Ukraine rend les armes et accepte toutes les conditions émises par la Russie dans sa macabre opération.

Résumons : la paix est, toujours, très éloignée. Au mieux, c’est une paix armée qui s’arrachera, de haute lutte. Pas demain. Il faudra alors bien mesurer ce que l’on concède à Poutine. Le monde l’a regardé faire en Tchétchénie, en Géorgie, en Crimée, au Donbass en 2014, au Donbass en 2022. Si la posture du va-t-en-guerre n’est pas sage, force est de constater : celle de l’observateur passif, qui condamne de loin, n’est pas davantage payante…

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