L'Edito : La carte carburant ? Le vrai problème, c'est la "voiture salaire"

L'Edito par Alexis Carantonis.

L'Edito : La carte carburant ? Le vrai problème, c'est la "voiture salaire"
©IPM/ Shutterstock

Dans leur rapport remis au gouvernement, les experts "pouvoir d’achat" ont brassé large. Mais ils ont braqué leur focale, avec insistance, sur la question de la mobilité. Parmi les pistes, la proposition d’empêcher les bénéficiaires d’une carte carburant d’en faire usage à titre privé. En soi, la mesure a du sens. En revanche, bonjour l’enfer du contrôle et l’immixtion dans la vie privée…

En vérité, la réflexion doit dépasser la carte essence et porter jusqu’à la voiture de société dont elle remplit le réservoir. S’il y a 650 000 voitures de société qui sillonnent les routes belges, un chiffre énorme, c’est parce que la voiture salaire coiffe, ici, la couronne de reine des "avantages en nature", et constitue une forme de rémunération détournée, moins taxée et donc profitable pour le salarié comme son patron. Sauf qu’il y a un perdant dans l’équation : la collectivité, qui voit chaque année un montant à dix chiffres lui échapper…

Il est également avéré qu’une voiture de société parcourt plus de kilomètres qu’une auto privée. Mettre un coup de Jarnac au système de voiture salaire belge profiterait donc aux finances publiques et à l’environnement… Mais il y a un vrai bémol : il s’agira de ne pas léser les employés qui en bénéficient sous forme d’augmentation de salaire sur quatre roues, en compensant la perte à sa juste hauteur. Le "Cash For Cars" mis en place par la suédoise, trop "radin", n’y était absolument pas parvenu…

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