Repenti, un statut fait pour les maffieux

La Dernière Humeur par Vincent Schmidt

30 years of Sakharov Prize for Freedom of Thought
- Joint extraordinary meeting DROI/AFET/DEVE
30 years of Sakharov Prize for Freedom of Thought - Joint extraordinary meeting DROI/AFET/DEVE ©© European Union 2018 - Source : EP

Coup de tonnerre dans l’affaire du Qatargate avec la décision de Pier Antonio Panzeri, désormais repenti. Si le statut permet assurément de gagner du temps en justice et de combattre les activités illicites, maffieuses en tête puisque c’est en Italie qu’a été créé ce statut afin de mettre à mal les affaires de la Cosa Nostra, on peut regretter qu’il crée aussi une forme d’injustice. En effet, pour les "balances", c’est l’assurance d’échapper à de lourdes peines et la promesse de pouvoir refaire rapidement leur vie. Y compris avec de fortes sommes détournées durant leur parcours criminel.

Car on imagine mal qu’un repenti passe à table de l’entrée au dessert. S’il doit y laisser plus que des miettes et étayer ses accusations, il est aussi tentant d’omettre ce que les enquêteurs ne savent pas encore ou ne sauront jamais.

Il n’empêche que le Qatargate n’en est encore qu’à ses débuts. Si certains noms ont été livrés en pâture, celui d’Eva Kaili en tête et ceux de Marc Tarabella (chargé depuis mardi par Panzeri, prétendu (ex)-ami) et Marie Arena (disculpée par ce même Panzeri), il est clair que bien d’autres parlementaires européens doivent aujourd’hui trembler. Si Panzeri est le réel cerveau de l’affaire et qu’il décide de "tout balancer", cela va faire vaciller le monument européen. En espérant que cela ne finisse pas comme le Footgate, qui a vu des têtes défiler devant le juge et de nombreux corrompus finir par conclure une transaction pour s’en sortir.

Pour la délinquance en col blanc, il semble encore trop souvent que la puissance, la fortune ou… un statut de repenti permette d’échapper aux justes peines pour les faits commis.

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