L’avantage de la canicule est qu’elle met à égalité les bourreaux de travail et les flemmards. Par 36 degrés à l’ombre, il devient difficile de culpabiliser l’employé qui lève le pied même s’il n’agit pas différemment le reste de l’année. Un peu comme Gaston Lagaffe expliquant que la chaleur l’assoupit alors que le froid l’engourdit !

De même, ceux qui ne sont pas motivés à l’idée de faire un jogging sur le temps de midi ou de passer leurs vacances à escalader les Alpes ont une excuse toute trouvée : la chaleur est néfaste à l’exercice physique intense.

L’espace de quelques jours, on imagine ce que doit être la vie au Mexique où, à en croire la chanson de Marcel Amont, les habitants font la sieste à l’ombre de leur sombrero.

Lorsque le mercure s’envole, la vie tourne au ralenti. Tout devient plus lent : la marche, le ménage, le travail, les petits gestes quotidiens. Une espèce de "slow attitude" qui n’est pas toujours bien perçue en temps normal mais qui est pourtant appelée à se développer sous l’effet de ce réchauffement tant annoncé.

Aller moins vite signifie aussi réfléchir à l’utilité de ses gestes et de ses déplacements, histoire d’économiser ses efforts.

Les années 80 qui mettaient les hyperactifs sur un piédestal sont bien loin.