La Dernière Humeur par Géry De Maet

Elle avait déserté depuis des mois au point qu’on avait presque oublié qu’elle faisait partie de notre patrimoine.

À force d’entendre parler de réchauffement climatique et de sécheresse, on ne pensait même plus qu’elle pourrait revenir. Le temps chaud et sec, on y avait pris goût.

Et puis, voilà qu’elle nous est revenue depuis quelques semaines et que cela nous tape déjà sur les nerfs.

La pluie, puisque c’est elle dont il s’agit, n’a pas que des avantages. Elle cause entre autres des embarras de circulation et ne contribue pas à entretenir le moral.

Et pourtant, ces averses parfois violentes qui nous inondent ces derniers jours sont plus que bienvenues.

Souvenons-nous de cet été, lorsque les voies d’eau étaient à sec et que les loueurs de kayaks étaient réduits au chômage.

Même la navigation maritime reliant Gand à l’Escaut avait dû être interrompue.

Ne parlons pas des dégâts aux cultures. Le manque d’eau a été ressenti cruellement par les cultivateurs et les maraîchers. Dans certaines communes, son usage domestique a dû être limité.

Et voilà que par miracle l’eau nous est revenue en quantité. Mais plutôt que de nous réjouir de voir nos jardins arrosés et les nappes phréatiques à nouveau alimentées, nous garantissant ainsi de l’eau potable pour l’été prochain, nous préférons maudire les cieux !

Faudra-t-il vraiment attendre de vivre dans un désert pour regretter notre bonheur présent ?